L'Oviatt Building à Los Angeles, façade de l'Hotel Cortez dans American Horror Story
L'Oviatt Building, au 617 South Olive Street. Photo MikeJiroch, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

L’hôtel Cortez existe-t-il ? Non, mais ses deux vrais lieux d’American Horror Story sont à Los Angeles

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L’essentiel
Non, l’hôtel Cortez n’existe pas : c’est un hôtel de fiction, créé pour American Horror Story: Hotel en 2015. Ses deux vrais lieux sont à Los Angeles · l’Oviatt Building, au 617 South Olive Street, qui prête sa façade, et le Cecil Hotel, au 640 South Main Street, qui a inspiré son atmosphère sans jamais servir au tournage.
  • 🎬 Façade · l’Oviatt Building, immeuble Art déco de 1928, filmé pour les plans extérieurs
  • 🛋️ Intérieurs · hall, couloirs et chambres construits en studio, d’après la salle du Cicada
  • 🏚️ Cecil Hotel · modèle jamais filmé, devenu environ 600 logements abordables en 2021
  • 🛏️ Y dormir · impossible, aucun des deux bâtiments ne vend de chambre en 2026
  • 🎃 Halloween · soirée années 1940 au Cicada, dans l’Oviatt, le 31 octobre, entrée 40 dollars

Le Cortez revient dans l’actualité avec la treizième saison d’American Horror Story, diffusée depuis le 24 septembre 2026, où réapparaît son bâtisseur de fiction, James Patrick March. Et chaque année à l’approche d’Halloween, la même question remonte : peut-on dormir à l’hôtel Cortez ? La réponse tient en trois adresses, dont une seule se visite.

Sommaire
  1. Où se trouve la façade de l’hôtel Cortez ?
  2. Du Lalique dans les ascenseurs
  3. Le hall et les chambres : un décor de studio
  4. Le Cecil Hotel, l’inspiration jamais filmée
  5. Peut-on dormir au Cecil ou à l’Oviatt ?
  6. Halloween : frissonner pour de vrai
  7. Le Cortez dans la saison 13
  8. Notre regard

Où se trouve la façade de l’hôtel Cortez ?

Façade Art déco de l’Oviatt Building, au 617 South Olive Street à Los Angeles, extérieur de l’hôtel Cortez d’American Horror Story
L’Oviatt Building, au 617 South Olive Street, prête sa façade à l’hôtel Cortez · Photo : Los Angeles, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Les plans extérieurs du Cortez ont été tournés devant l’Oviatt Building, au 617 South Olive Street, dans le centre de Los Angeles, à un demi-pâté de maisons de Pershing Square. L’immeuble a été construit entre 1927 et 1928 par le cabinet Walker & Eisen, avec Feil & Paradise, dans un style qui mêle Art déco et roman italien.

Il porte le nom de James Oviatt, marchand de vêtements pour hommes associé depuis 1912 au vendeur de chapeaux Frank Baird Alexander, dont la boutique occupait le rez-de-chaussée. Oviatt vivait lui-même dans le penthouse du dernier étage pendant la Prohibition. L’immeuble est inscrit au registre national des lieux historiques depuis le 11 août 1983 et classé monument historico-culturel de Los Angeles sous le numéro 195.

Du Lalique dans les ascenseurs

C’est le détail que la série ne montre jamais. René Lalique a dessiné et fabriqué les panneaux de verre moulé des portes d’ascenseur, les portes d’entrée et latérales, les lustres et une grande horloge à panneau. La corniche et le plafond de verre lumineux, douze tonnes, sont l’œuvre de l’architecte Ferdinand Chanut et du verrier Gaëtan Jeannin.

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Le marbre dit « Napoléon » a été importé de France par tonnes, tout comme l’horloge de tour à trois faces et son carillon, signée Brillié Frères. L’ancienne boutique abrite aujourd’hui le Cicada Restaurant and Lounge · c’est la seule façon de voir l’intérieur.

L’Oviatt Building en détails

Plafond de verre lumineux de l’arcade d’entrée de l’Oviatt Building, œuvre de Ferdinand Chanut et Gaëtan Jeannin
Le plafond de verre de l’entrée, dessiné par Ferdinand Chanut et réalisé par le verrier Gaëtan Jeannin · Photo : MelissaMStewart, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Tour de l’horloge de l’Oviatt Building à Los Angeles, horloge Brillié Frères importée de France
La tour et son horloge à trois faces, signée Brillié Frères et importée de France · Photo : Codera23, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Le hall et les chambres : un décor de studio

Passé la porte, la réalité s’arrête. Le hall, les couloirs et les chambres du Cortez ont été construits en studio, sur deux niveaux, avec un ascenseur et un escalier qui fonctionnent. Leur décor s’inspire de la grande salle du Cicada, d’où l’air de famille entre l’écran et l’immeuble réel. Aucune adresse ne correspond donc à ce que voit le spectateur.

Grande salle du Cicada Restaurant and Lounge dans l’Oviatt Building, avec mezzanine et lustres Art déco
La grande salle du Cicada, dans l’ancienne boutique de James Oviatt, a inspiré le décor du hall du Cortez · Photo : MiguelMunoz, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Le Cecil Hotel, l’inspiration jamais filmée

Façade du Cecil Hotel au 640 South Main Street à Los Angeles, avec son enseigne jaune Hotel Cecil
Le Cecil Hotel, au 640 South Main Street, en 2005 · Photo : Jim Winstead, CC BY 2.0, Wikimedia Commons

L’autre confusion tenace concerne le Cecil Hotel, au 640 South Main Street. Ryan Murphy, le créateur de la série, s’est inspiré des hôtels du centre-ville à la réputation trouble, et en particulier de la mort d’Elisa Lam, une touriste canadienne de 21 ans retrouvée en 2013 dans un réservoir d’eau sur le toit du Cecil · un décès conclu en noyade accidentelle. Mais rien n’a été filmé au Cecil.

Ouvert le 20 décembre 1924 derrière une façade de Loy Lester Smith, l’hôtel comptait 700 chambres. Sa réputation s’est faite sur une longue suite de faits divers, dont le séjour d’un tueur en série dans les années 1980. C’est cette réputation, et non le bâtiment, que la série a empruntée.

Peut-on dormir au Cecil ou à l’Oviatt ?

Non, ni dans l’un ni dans l’autre. Le Cecil n’est plus un hôtel : rebaptisé Stay on Main en 2011, racheté 30 millions de dollars en 2014, fermé en 2017 pour travaux, il a rouvert le 13 décembre 2021 en environ 600 logements abordables, avec l’association Skid Row Housing Trust. Classé monument historico-culturel de Los Angeles en 2017, il a été remis en vente par ses propriétaires en 2024. Les fiches en ligne qui affichent encore des tarifs sont périmées : aucune chambre n’y est vendue, et ses résidents n’ont pas choisi d’habiter un décor de série.

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Enseigne verticale du Cecil Hotel et ancienne réclame peinte annonçant 700 chambres, à Los Angeles
Sur le flanc du Cecil, la vieille réclame « Low daily weekly rates, 700 rooms », en 2021 · Photo : REVILL97, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

L’Oviatt Building, lui, n’a jamais été un hôtel et n’en abrite pas. On n’y passe pas la nuit, mais on peut y dîner et y danser : le Cicada ouvre au public lors de soirées musicales, avec une entrée à 40 dollars, et loue ses salons pour des réceptions.

Halloween : frissonner pour de vrai

Pour Halloween, l’Oviatt reprend son rôle. Le samedi 31 octobre 2026, le Cicada organise une soirée Halloween années 1940 avec Johnny Holiday et son orchestre, concours de costumes d’époque compris. Entrée 40 dollars, ouverture des portes à 19 h, spectacle à 21 h, soirée réservée aux plus de 21 ans, dîner sur réservation.

Et pour dormir pour de bon avec un fantôme, notre sélection de 10 hôtels de luxe hantés en Europe mène de la chambre 333 du Langham, à Londres, aux châteaux d’Écosse. Les amateurs de cinéma d’horreur trouveront aussi le chalet de Shining à Big Bear Lake et cinq autres maisons de films d’horreur qui, elles, se louent vraiment.

Le Cortez dans la saison 13

La treizième saison d’American Horror Story, lancée le 24 septembre 2026 sur FX, compte treize épisodes : trois par semaine les deux premières semaines, puis deux par semaine, jusqu’au final du 29 octobre. L’intrigue se déroule surtout à New York, dans un immeuble résidentiel peuplé de personnages des saisons passées, dont James Patrick March, le bâtisseur de fiction du Cortez, toujours joué par Evan Peters. Le Cortez reste, plus que jamais, un hôtel sans adresse.

Notre regard

L’hôtel Cortez est un cas d’école de ce que la fiction fait aux lieux. Une façade Art déco authentique sert de caution à un intérieur inventé, et la réputation d’un troisième bâtiment, jamais filmé, fournit l’atmosphère. Trois adresses pour un seul hôtel imaginaire.

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Le seul vrai voyage possible mène à l’Oviatt Building, et il vaut mieux que la série : douze tonnes de verre lumineux, des ascenseurs signés Lalique et une salle Art déco où l’on dîne encore. Ce qu’aucun décor de studio ne peut offrir.

Crédits photo · couverture : Oviatt Building, MikeJiroch (CC BY-SA 3.0) · façade : Los Angeles (CC BY-SA 3.0) · plafond de verre : MelissaMStewart (CC BY-SA 4.0) · tour de l’horloge : Codera23 (CC BY-SA 4.0) · Cicada : MiguelMunoz (CC BY-SA 4.0) · Cecil Hotel : Jim Winstead (CC BY 2.0) et REVILL97 (CC BY-SA 4.0) · via Wikimedia Commons.

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