- Le Sun Palace Albir & Spa, quatre-étoiles de 216 chambres, change de propriétaire.
- La SCPI Atream Hôtels achète les murs, Pierre & Vacances reprend le fonds.
- Bail ferme de quinze ans · l’exploitation passe à Pierre & Vacances.
- 2,7 millions d’euros de rénovation annoncés pour l’établissement.
- Première adresse espagnole de la SCPI, qui en détient 24 dans six pays.
À L’Albir, entre Altea et Benidorm, un bâtiment blanc de quatre étages descend vers la mer par une rue en pente. C’est le Sun Palace Albir & Spa, quatre-étoiles de 216 chambres ouvert sur la Costa Blanca. Il vient de changer de mains, et son exploitation passe à Pierre & Vacances pour quinze ans fermes.
Sommaire
Un quatre-étoiles entre Altea et Benidorm
L’établissement se tient au cœur de L’Albir, dans la commune d’Alfaz del Pi, province d’Alicante. Ses 216 chambres sont climatisées et disposent toutes d’un balcon, avec des finitions de marbre héritées de sa génération. L’adresse joue la carte du séjour balnéaire classique : restaurant, bar, bar de toit, piscine extérieure, espace bien-être et salles de séminaire.
La station vit toute l’année, ce qui est rare sur cette côte, et attire autant des familles que des couples, espagnols comme étrangers. C’est cette fréquentation continue qui fait la valeur de l’actif, bien plus que le standing de l’hôtel lui-même.
Quinze ans de bail pour Pierre & Vacances
L’opération sépare la pierre de l’exploitation. La SCPI Atream Hôtels achète les murs, Pierre & Vacances reprend le fonds de commerce, et les deux se lient par un bail ferme de quinze ans. Le groupe français exploite désormais six établissements sur la côte entre Valence et Alicante.
« Nous avons cherché à allier qualité de l’actif, qualité du partenaire, intelligence du montage et potentiel de création de valeur », explique Grégory Soppelsa, président exécutif et cofondateur d’Atream. Le schéma est celui que la SCPI applique depuis dix ans : acheter bien situé, confier à un opérateur installé, sécuriser par un bail long.
2,7 millions pour remettre l’hôtel à niveau
Un programme de rénovation de 2,7 millions d’euros accompagne la reprise. Rapporté aux 216 chambres, cela fait un peu plus de 12 000 euros par clé · de quoi rafraîchir sérieusement sans refaire l’hôtel. C’est l’ordre de grandeur d’une remise à niveau des chambres et des parties communes, pas d’une montée en gamme.
Le calendrier des travaux n’a pas été communiqué, pas plus que les fermetures éventuelles. L’hôtel continue de prendre des réservations.
Pourquoi l’Espagne, et pourquoi maintenant
C’est la première adresse espagnole d’Atream Hôtels, et son sixième pays après la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et l’Italie. La SCPI détient désormais 24 actifs hôteliers pour une capitalisation proche de 330 millions d’euros, après deux achats récents à Berlin et à Vérone.
Le choix du pays s’explique par un chiffre : avec 135 milliards d’euros de recettes touristiques internationales en 2025, l’Espagne est le premier marché européen. « Cette opération marque une nouvelle étape pour la SCPI », résume Mathilde Krieger, directrice générale déléguée épargne. L’acquisition a été menée avec Colliers, CMS et CBRE.
Ce que ça change pour le voyageur
À court terme, peu de choses : même hôtel, mêmes chambres, même plage à quelques minutes. À moyen terme, l’adresse rejoindra le circuit de distribution de Pierre & Vacances, avec ce que cela suppose de clientèle française et de formules de séjour.
Les travaux, eux, se verront. Un budget de 12 000 euros la chambre ne transforme pas un quatre-étoiles balnéaire en adresse de luxe, mais il suffit à reprendre ce qui vieillit le plus vite dans ce type d’établissement : les salles de bains, la literie et les parties communes.
Notre regard
L’opération dit surtout quelque chose du marché. Des investisseurs achètent aujourd’hui des quatre-étoiles balnéaires espagnols non pas pour leur prestige, mais pour leur régularité · un taux d’occupation qui tient onze mois sur douze vaut mieux qu’une belle façade remplie trois mois.
Reste la question que le communiqué n’aborde pas : ce que devient un hôtel quand ses murs et son exploitation appartiennent à deux acteurs distincts, l’un attendant un loyer stable, l’autre un volume de séjours. La réponse se lit d’ordinaire dans l’entretien courant, pas dans les communiqués. Nous irons voir.
Crédits photo · Hôtel Sun Palace Albir & Spa, © Pierre & Vacances.
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