- La saison 13 arrive le 24 septembre 2026 sur FX et Hulu, en treize épisodes.
- La façade du Cortez est l’Oviatt Building, au 617 South Olive Street.
- Ce bâtiment de 1928 conserve des verres de René Lalique et une horloge à carillon.
- Les couloirs et les chambres sont un décor de six étages bâti en studio.
- Le Cecil Hotel a inspiré l’atmosphère mais n’a jamais servi au tournage.
Le 24 septembre 2026, la treizième saison d’American Horror Story revient sur FX et Hulu en repassant par ses décors les plus connus · la Murder House, l’asile, et surtout l’Hotel Cortez. L’occasion de rappeler une chose que la série entretient soigneusement : cet hôtel n’a jamais existé.
Sommaire
La façade est un immeuble de 1928
Les plans extérieurs du Cortez ont été tournés devant l’Oviatt Building, au 617 South Olive Street, dans le centre de Los Angeles, à un demi-pâté de maisons de Pershing Square. Le bâtiment a été construit entre 1927 et 1928 par le cabinet Walker & Eisen, avec Feil & Paradise, dans un style qui mêle Art déco et roman italien.
Il porte le nom de James Zera Oviatt, chapelier, qui tenait depuis 1912 une boutique d’articles pour hommes au rez-de-chaussée avec son associé Frank Baird Alexander. Oviatt occupait lui-même le penthouse du dernier étage pendant la Prohibition. L’immeuble est inscrit au registre national des lieux historiques depuis le 11 août 1983 et classé monument historico-culturel de Los Angeles sous le numéro 195.
Du Lalique dans les ascenseurs
C’est le détail que la série ne montre jamais et qui vaut pourtant le déplacement. René Lalique a dessiné et fabriqué les panneaux de verre moulé des portes d’ascenseur, les portes d’entrée et latérales, les lustres et une grande horloge à panneau. La corniche et le plafond de verre lumineux, douze tonnes, sont l’œuvre de Ferdinand Chanut et Gaëtan Jeannin.
Le marbre dit « Napoléon » a été importé de France par tonnes entières, tout comme l’horloge de tour à trois faces et son carillon. L’ancienne chapellerie abrite aujourd’hui le Cicada Restaurant and Lounge · c’est le seul moyen de voir l’intérieur, en réservant une table.
Les couloirs, eux, sont un décor
Dès qu’on franchit les portes, la réalité s’arrête. Le hall, les couloirs et les chambres du Cortez forment un décor de six étages construit dans les studios de la Fox, pas un hôtel existant. Le contraste entre une façade patrimoniale réelle et un intérieur entièrement fabriqué explique pourquoi aucune adresse ne correspond à ce que voit le spectateur.
Le Cecil n’a jamais servi au tournage
L’autre confusion tenace concerne le Cecil Hotel, au 640 South Main Street. Le créateur de la série, Ryan Murphy, a expliqué s’être inspiré de la mort d’Elisa Lam, une touriste canadienne de vingt et un ans retrouvée sans vie en 2013 dans un réservoir d’eau sur le toit · un décès conclu en noyade accidentelle. Mais rien n’a jamais été filmé au Cecil.
L’établissement, ouvert le 20 décembre 1924, comptait 700 chambres et 301 suites derrière une façade signée Loy Lester Smith. Sa réputation s’est faite sur une longue suite de faits divers, dont le séjour d’un tueur en série dans les années 1980. C’est cette réputation, et non le bâtiment, que la série a empruntée.
Ce que le Cecil est devenu
Il faut le dire clairement pour qui serait tenté d’aller voir : le Cecil n’est plus un hôtel. Rebaptisé en partie « Stay on Main » en 2011, racheté trente millions de dollars en 2014, fermé en 2017 pour travaux, il a rouvert en 2021 en logements abordables. Environ six cents personnes à faibles revenus y vivent aujourd’hui, sous la gestion du Skid Row Housing Trust.
Le bâtiment est classé monument historico-culturel de Los Angeles depuis 2016. Ce n’est pas une attraction, et ses résidents n’ont pas choisi d’habiter un décor de série.
Ce que promet la saison 13
La saison compte treize épisodes d’une demi-heure. Trois sont diffusés la première semaine, trois la deuxième, puis deux chaque jeudi jusqu’au final du 29 octobre. Le principe annoncé est celui du retour : la série repasse par ses lieux fondateurs et rappelle plusieurs figures marquantes du Cortez, dont James Patrick March, son bâtisseur de fiction.
Notre regard
L’Hotel Cortez est un cas d’école de ce que la fiction fait aux lieux. Une façade Art déco authentique sert de caution à un intérieur entièrement inventé, et la réputation d’un troisième bâtiment, jamais filmé, fournit l’atmosphère. Trois adresses pour un seul hôtel imaginaire.
Le seul vrai voyage possible est celui de l’Oviatt Building, et il vaut mieux que la série : douze tonnes de verre lumineux, des ascenseurs signés Lalique et une salle à manger ouverte au public. On peut y dîner ce soir · ce qui n’est pas donné à un décor de studio.
Crédits photo · Oviatt Building, MikeJiroch, Codera23 et Afpeach (CC BY-SA) · Cecil Hotel, vagueonthehow (CC BY 2.0), via Wikimedia Commons.










