- Le Château La Commaraine devient la première adresse cinq étoiles installée dans les vignes de Pommard, avec 37 clés dont 15 suites.
- Une trentaine de kilomètres plus au nord, l’ancien Château de Gilly rouvre sous le nom des Sources de Vougeot et de ses 49 chambres.
- Chacune couvre une moitié de la Côte-d’Or : la Côte de Beaune pour l’une, la Côte de Nuits pour l’autre.
- À elles deux, elles ajoutent 86 clés de haut de gamme au pied des Climats inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.
La Côte-d’Or se dote enfin de ses grandes maisons
Les Climats du vignoble de Bourgogne sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2015. Onze ans plus tard, la région restait pourtant l’une des grandes destinations viticoles françaises les moins équipées en hôtellerie de haut de gamme : on visitait les climats le jour, on dormait à Beaune ou à Dijon le soir, et l’on reprenait la voiture. Deux ouvertures rapprochées, à l’été 2026, referment cet écart. Pour la première fois, chacune des deux moitiés de la Côte-d’Or dispose de sa grande maison.
Le partage géographique n’a rien d’anecdotique pour qui vient pour le vin. Le Château La Commaraine s’installe à Pommard, en Côte de Beaune, à cinq minutes des Hospices. Les Sources de Vougeot occupent Gilly-lès-Cîteaux, à deux pas du Clos de Vougeot, au cœur de la Côte de Nuits. Deux terroirs, deux points de chute, et un vignoble qui se parcourt désormais d’un bout à l’autre sans changer de standing.
Le Château La Commaraine, premier cinq étoiles dans les vignes de Pommard






À quelques minutes de Beaune, le Château La Commaraine rouvre après quatre années de restauration. Ce monument du XIIe siècle, aujourd’hui membre des Leading Hotels of the World, est la première adresse cinq étoiles implantée directement dans les vignes de l’appellation Pommard Premier Cru. L’architecte Richard Martinet, fondateur d’Affine Design, a mené le chantier avec des artisans locaux. La réhabilitation a consisté à loger le confort contemporain dans une enveloppe médiévale sans la déguiser. Une piscine extérieure chauffée fait face au clos, et le spa réunit les protocoles de MyBlend et les rituels capillaires de Flora Lab Paris.
Le château compte 37 clés, dont 15 suites conçues comme des appartements privés. La Villa des Vignes déploie 211 mètres carrés face au clos pour les séjours en famille ; la suite Rotonde, logée dans la tour médiévale, laisse sa charpente d’origine apparente. Côté table, le Meilleur Ouvrier de France Christophe Raoux et le chef Jérôme Rioux mènent une double offre : le bistrot Le Clos, dont un sol vitré donne sur la cuverie, et la table signature Le VIII, attendue en septembre dans une ancienne cave voûtée.
Les Sources de Vougeot, le Château de Gilly rendu à la vie






Autre événement de la saison, l’ancien Château de Gilly entame un nouveau chapitre sous le nom des Sources de Vougeot. Cette ancienne résidence des abbés de Cîteaux devient la troisième adresse de la collection Les Sources, après Les Sources de Caudalie dans le Bordelais et Les Sources de Cheverny en Val de Loire. Le duo d’architectes Chevalier Guillemot et le designer Antoine Ricardou ont mené la transformation. L’arrivée donne le ton : on entre par un pont-levis, au-dessus de douves laissées à l’état sauvage. Le lieu tient sa réussite de ce qu’il n’a pas cherché à effacer sa sobriété monastique.
Le spa Caudalie occupe l’ancien cellier, où un double bassin en inox a été posé sous les voûtes médiévales. L’établissement abrite 49 chambres et suites : poutres apparentes, mobilier chiné, tapisseries anciennes. Le vieux moulin, ancien pavillon du père abbé, est devenu un duplex de 100 mètres carrés doté d’un bain nordique extérieur. En cuisine, le chef bourguignon Julien Martin supervise le restaurant gastronomique Le Clos de la Tour et L’Auberge des Cîteaux, tandis que les petits-déjeuners sont servis sous la verrière de L’Orangerie.
Les deux adresses en un coup d’œil
Les deux maisons ouvrent la même saison, dans le même vignoble, et pourtant elles ne se ressemblent pas. Voici ce qui les distingue, ligne à ligne.
| Château La Commaraine | Les Sources de Vougeot | |
|---|---|---|
| Où | Pommard, en Côte de Beaune, à cinq minutes de Beaune | Gilly-lès-Cîteaux, en Côte de Nuits, contre le Clos de Vougeot |
| Le bâtiment | Un château du XIIe siècle, restauré quatre ans durant | L’ancienne résidence des abbés de Cîteaux, dite Château de Gilly |
| Les clés | 37, dont 15 suites | 49 chambres et suites |
| La plus grande | La Villa des Vignes, 211 m² face au clos | Le vieux moulin, duplex de 100 m² avec bain nordique |
| Le bien-être | MyBlend et Flora Lab Paris | Caudalie, dans l’ancien cellier voûté |
| En cuisine | Christophe Raoux, Meilleur Ouvrier de France, et Jérôme Rioux | Julien Martin, chef bourguignon |
| Les tables | Le Clos, puis Le VIII dans une cave voûtée | Le Clos de la Tour et L’Auberge des Cîteaux |
| L’architecte | Richard Martinet, fondateur d’Affine Design | Chevalier Guillemot, avec le designer Antoine Ricardou |
| La pièce à voir | La suite Rotonde, sous la charpente de la tour | Le bassin du spa, sous les voûtes médiévales |
Ce que l’on vient y faire

À Pommard, l’hôtel propose d’explorer le vignoble en Citroën 2CV, de s’initier à la tonnellerie ou de suivre des itinéraires de randonnée connectés. Ces deux adresses se comportent moins en hébergements qu’en points d’entrée dans le terroir. À Gilly-lès-Cîteaux, la promesse est la même sur un autre registre : un café partagé avec des vignerons, ou un vélo électrique pour rejoindre les domaines des environs, à l’image de la cuverie des Ursulines à Nuits-Saint-Georges.
L’avis de La Revue des Hôtels
Ce que ces deux ouvertures corrigent, c’est un déséquilibre ancien entre la réputation du vignoble bourguignon et ce qu’il savait offrir pour la nuit. Les Climats attirent depuis longtemps une clientèle internationale que la région n’arrivait pas à retenir plus de vingt-quatre heures. Trente-sept clés à Pommard, quarante-neuf à Gilly-lès-Cîteaux : le volume reste modeste au regard d’une Toscane ou d’un Napa, mais il suffit à changer la durée moyenne d’un séjour. Le vrai gain, pour la Bourgogne, se mesurera moins en étoiles qu’en nuitées supplémentaires.
Reste une inconnue commune aux deux maisons : la saison. Le vignoble se visite d’avril à octobre, et l’hiver bourguignon est long. Les spas, les tables et le bain nordique sont autant de réponses à cette question ; on jugera sur pièces au premier janvier.
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