Amancio Ortega ne dirige aucun hôtel, mais il en possède au moins quatorze. Le fondateur de Zara, 90 ans, achète les murs par l’intermédiaire de Pontegadea, sa société d’investissement, et confie l’exploitation à des groupes hôteliers : Radisson à Paris, Minor à Amsterdam, Nobis à Palma, Palladium à Barcelone, IHG à New York et à Miami. Prix d’achat, enseignes, nombre de chambres, adresses à réserver : voici l’inventaire complet de l’empire hôtelier de l’homme le plus riche d’Espagne.
- 🏛️ Le principe · Pontegadea achète des hôtels déjà loués ou les loue à un exploitant. « Nous ne participons pas à la gestion hôtelière », dit la société.
- 🏨 Le portefeuille · 14 hôtels identifiés dans cinq pays : France, Pays-Bas, Espagne, Portugal et États-Unis.
- 💶 Les derniers achats · le Banke Opéra à Paris pour 97 M€ (juillet 2025), l’Avani Museum Quarter à Amsterdam pour 85 M€ (septembre 2025).
- 🌴 L’Espagne · deux hôtels Nobis à Palma (35 M€), le Bless sur la place de Catalogne, un resort à Rota et quatre NH achetés dès 2002.
- 🗽 L’Amérique · le Kimpton Ashbel à New York, rouvert en avril 2026, l’Eurostars Magnificent Mile à Chicago et le Kimpton Epic à Miami.
- 🛎️ Pour y dormir · tous ces hôtels se réservent normalement, auprès de leur exploitant : aucun ne porte le nom d’Ortega ni de Zara.
Sommaire
- Qui est Amancio Ortega ?
- Pontegadea, la machine à acheter des murs
- Tous les hôtels d’Amancio Ortega
- Le Banke Opéra, sa banque devenue hôtel
- L’Avani Museum Quarter, à Amsterdam
- Deux hôtels Nobis à Palma de Majorque
- Le Bless, place de Catalogne à Barcelone
- Le Playaballena, un resort à Rota
- Figueira da Foz, son hôtel au Portugal
- New York, Chicago, Miami : le volet américain
- Les quatre hôtels NH achetés dès 2002
- Hambourg, la prochaine adresse ?
- Pourquoi Ortega achète des hôtels
- Peut-on dormir chez Amancio Ortega ?
- Notre avis
Qui est Amancio Ortega ?

Né le 28 mars 1936 à Busdongo de Arbas, dans la province de León, Amancio Ortega grandit à La Corogne. En 1963, il y fonde un atelier de robes de chambre, puis ouvre en mai 1975, avec sa première épouse Rosalía Mera, le tout premier magasin Zara, rue Juan Flórez à La Corogne. Le groupe Inditex naît en 1985 ; il réunit aujourd’hui Zara, Massimo Dutti, Pull&Bear, Bershka, Stradivarius, Oysho et Zara Home.
Ortega détient encore 59,29 % d’Inditex. Au titre de l’exercice 2025, ces actions lui rapportent un dividende record de 3 234 millions d’euros, versé en deux fois, en mai et en novembre 2026. Sa fortune atteint 141 milliards de dollars au 1er octobre 2026, selon le classement en temps réel de Forbes. C’est cet argent, réinvesti dans la pierre, qui finance ses hôtels.
Pontegadea, la machine à acheter des murs
Pontegadea est le family office d’Amancio Ortega, dirigé par Roberto Cibeira. La société a dégagé 10 055 millions d’euros de bénéfice en 2025 et gère un patrimoine immobilier estimé à 22 milliards d’euros, réparti dans quelque 216 immeubles. On y trouve surtout des bureaux et des commerces de premier rang (la tour Picasso à Madrid, ou le complexe Capital 8 à Paris, acheté 850 millions d’euros en 2026), mais aussi des logements à louer aux États-Unis, des plateformes logistiques et des hôtels.
La règle est toujours la même : Pontegadea possède le bâtiment, un hôtelier l’exploite. Soit l’hôtel est acheté avec son bail en cours, comme à Amsterdam ; soit le vendeur reste dans les murs comme locataire, une opération dite de « sale and leaseback », comme avec NH en 2002 ou avec Senator à Rota ; soit Pontegadea choisit un nouvel exploitant, comme Radisson pour le Banke Opéra à Paris ou Vila Galé à Figueira da Foz. Les hôtels ne représentent qu’une petite part du patrimoine, de l’ordre de 5 à 10 % selon les estimations disponibles.
Tous les hôtels d’Amancio Ortega
Voici les quatorze hôtels dont la propriété par Pontegadea est établie, du plus récent au plus ancien. Les prix sont ceux publiés au moment de l’achat.
| Hôtel | Ville | Achat | Prix | Exploitant | Chambres |
|---|---|---|---|---|---|
| Banke Opéra Paris, A Radisson Collection Hotel | Paris | 2025 | 97 M€ | Radisson | 90 |
| Avani Museum Quarter Amsterdam | Amsterdam | 2025 | 85 M€ | Minor Hotels | 163 |
| Vila Galé Collection Figueira da Foz | Figueira da Foz | non publié | non publié | Vila Galé (depuis 2024) | 102 |
| Nobis Hotel Palma | Palma de Majorque | 2023 | 35 M€ les deux | Nobis | 37 |
| Concepció by Nobis | Palma de Majorque | 2023 | inclus | Nobis | 31 |
| Playaballena Aquapark & Spa Hotel | Rota (Cadix) | 2021 | 25 M€ environ | Senator | 324 |
| Eurostars Magnificent Mile | Chicago | 2019 | 72,5 M$ (65 M€) | Eurostars | 216 |
| Kimpton Ashbel New York – Park Avenue | New York | 2016 | 67,6 M$ (61 M€) | IHG (Kimpton) | 205 |
| BLESS Hotel Barcelona | Barcelone | 2014 | 44 M€ | Palladium | 119 |
| Kimpton Epic Hotel | Miami | construit, ouvert en 2008 | non publié | IHG (Kimpton) | 411 |
| NH Abascal | Madrid | 2002 | 91,4 M€ les quatre | NH (Minor) | 183 |
| NH Collection Villa de Bilbao | Bilbao | 2002 | inclus | NH (Minor) | 142 |
| NH Pamplona Iruña Park | Pampelune | 2002 | inclus | NH (Minor) | 213 |
| NH Pirineos | Lérida | 2002 | inclus | NH (Minor) | 92 |
Au total, les prix connus dépassent 500 millions d’euros, sans compter Miami ni le Portugal. Une somme modeste à l’échelle de Pontegadea, qui a investi plus de 1,8 milliard d’euros dans l’immobilier au seul premier semestre 2026, sans acheter un seul hôtel.
- 2002 · quatre hôtels NH à Madrid, Bilbao, Pampelune et Lérida, loués à NH pour vingt ans
- 2008 · ouverture du Kimpton Epic à Miami, au pied de la tour résidentielle Epic
- 2014 · l’immeuble de l’ancien hôtel Colón, place de Catalogne, à Barcelone
- 2016 · le 70 Park Avenue, à New York, alors exploité par Iberostar
- 2019 · l’Eurostars Magnificent Mile, à Chicago
- 2021 · le Playaballena, à Rota, revendu et repris en location par Senator
- 2023 · le Nobis Hotel Palma et le Concepció by Nobis, à Palma de Majorque
- 2024 · le Grande Hotel da Figueira rouvre sous l’enseigne Vila Galé, locataire d’Ortega
- 2025 · le Banke Opéra à Paris, puis l’Avani Museum Quarter à Amsterdam
- 2026 · le Bless Barcelona ouvre en août ; Pontegadea négocie le Steigenberger de Hambourg
Le Banke Opéra, sa banque devenue hôtel
C’est l’achat le plus cher de la liste. En juillet 2025, Pontegadea a payé 97 millions d’euros pour l’hôtel Banke, au 20 rue La Fayette, dans le 9e arrondissement, à deux pas de l’Opéra Garnier et des Galeries Lafayette. Le vendeur, le groupe catalan Derby Hotels, l’avait acheté 75 millions d’euros en 2007. L’immeuble de 1907, ancien siège de la Banque Suisse et Française, est devenu un hôtel en 2009 ; il garde son atrium sous verrière et un escalier attribué aux ateliers Eiffel.
Pontegadea a confié les 90 chambres à Radisson, qui rénove entièrement l’hôtel pour en faire un Radisson Collection, la marque la plus haut de gamme du groupe, avec un espace bien-être dans l’ancienne salle des coffres. Radisson annonçait l’ouverture pour le troisième trimestre 2026 ; au 1er octobre, la date d’accueil des premiers clients n’est pas encore communiquée. Nous avions raconté le rachat et le projet en juillet.
L’Avani Museum Quarter, à Amsterdam
Deux mois après Paris, Pontegadea a acheté en septembre 2025 son premier hôtel aux Pays-Bas : l’Avani Museum Quarter, Hobbemakade 50, à environ 500 mètres du Rijksmuseum et du musée Van Gogh. Le prix, 85 millions d’euros, revient à environ 521 500 euros par chambre pour ses 163 chambres. L’ancien NH Amsterdam Museum Quarter est devenu en 2024 le premier Avani des Pays-Bas, la marque quatre étoiles du groupe thaïlandais Minor, qui continue de l’exploiter.
Deux hôtels Nobis à Palma de Majorque
À Palma, Ortega a misé sur le boutique-hôtel. Pour 35 millions d’euros, Pontegadea a racheté au fonds suédois Genova Property Group deux adresses de la vieille ville, une opération révélée en décembre 2023 : le Nobis Hotel Palma, cinq étoiles de 37 chambres installé dans un palais historique, et le Concepció by Nobis, 31 chambres dans un bâtiment de 1576, ouvert en juin 2021, avec son restaurant Xalest. Les deux restent exploités par le groupe suédois Nobis, avec un bail de vingt ans.
Le Bless, place de Catalogne à Barcelone
L’immeuble d’angle entre la place de Catalogne et le passeig de Gràcia, l’ancien hôtel Colón, a été acheté en 2014 pour 44 millions d’euros. Iberostar l’a exploité de 2018 à 2024, puis Pontegadea a choisi le groupe Palladium. Rebaptisé BLESS Hotel Barcelona, il a accueilli ses premiers clients en août 2026 : 119 chambres, un cinq étoiles et une piscine sur le toit sous une verrière inspirée de l’ancien Gran Café Colón.
Le Playaballena, un resort à Rota
C’est l’hôtel le plus grand et le moins luxueux du portefeuille : un quatre étoiles de 324 chambres sur la Costa Ballena, à Rota, dans la province de Cadix, avec parc aquatique et spa. Fin 2020, Senator Hotels & Resorts l’a vendu à Pontegadea pour environ 25 millions d’euros, tout en restant son exploitant. Une opération de « sale and leaseback » classique, l’annonce datant de février 2021.
Figueira da Foz, son hôtel au Portugal
Au Portugal, Ortega possède le Grande Hotel da Figueira, un hôtel de front de mer inauguré en 1953 à Figueira da Foz, entre Porto et Lisbonne. Longtemps exploité par Accor, il a rouvert en avril 2024 sous l’enseigne Vila Galé Collection, avec 102 chambres ; le groupe portugais en est le locataire. Pontegadea détient d’autres immeubles hôteliers dans le pays, majoritairement exploités par Accor, mais leur liste n’a jamais été rendue publique.
New York, Chicago, Miami : le volet américain
New York. En juin 2016, Pontegadea a payé 67,6 millions de dollars (61 millions d’euros) pour le 70 Park Avenue, un immeuble de 1928 à Murray Hill, près de Grand Central. Exploité d’abord par Iberostar, l’hôtel a rouvert le 30 avril 2026 sous le nom de Kimpton Ashbel New York – Park Avenue, avec 205 chambres, dans la collection du groupe IHG.
Chicago. En 2019, 72,5 millions de dollars (environ 65 millions d’euros) pour l’ancien Dana Hotel & Spa, au 660 North State Street, devenu l’Eurostars Magnificent Mile : 216 chambres à cinq minutes de Michigan Avenue, exploitées par le groupe espagnol Hotusa.
Miami. Le Kimpton Epic Hotel, 411 chambres sur Biscayne Boulevard, a ouvert en décembre 2008 au pied de la tour Epic Residences, un projet porté par Pontegadea. C’est le seul hôtel de la liste né d’une construction plutôt que d’un rachat.
Les quatre hôtels NH achetés dès 2002
Bien avant Paris et Amsterdam, Pontegadea avait fait ses premiers pas dans l’hôtellerie en février 2002, en rachetant à NH quatre hôtels pour 91,4 millions d’euros : le NH Abascal à Madrid, le Villa de Bilbao, l’Iruña Park à Pampelune et le Pirineos à Lérida. NH, aujourd’hui intégré au groupe Minor, a signé des baux de vingt ans pour continuer à les exploiter. Ces quatre hôtels d’affaires figuraient toujours dans le portefeuille d’Ortega en 2024.
Hambourg, la prochaine adresse ?
En juillet 2026, Pontegadea négociait avec Union Investment le rachat du complexe de la Fleetinsel, à Hambourg, qui abrite le Steigenberger Hotel Hamburg (235 chambres, bail renouvelé en 2019 pour vingt-cinq ans), des bureaux et une clinique. Aucun accord n’a été annoncé à ce jour : ce serait le premier hôtel d’Ortega en Allemagne.
Pourquoi Ortega achète des hôtels
Roberto Cibeira, le patron de Pontegadea, résumait la doctrine en 2020 : la société ne cherche pas des rendements extraordinaires, mais des investissements qui génèrent des flux réguliers et préservent la valeur du capital. Les hôtels qu’Ortega achète répondent tous à ce cahier des charges : une adresse centrale, un bâtiment de caractère, un exploitant solide et un loyer long.
La plupart sont d’ailleurs des immeubles historiques : une banque de 1907 à Paris, un palais de Palma, un hôtel de 1953 au Portugal, un immeuble Beaux-Arts de 1928 à New York, l’ancien hôtel Colón à Barcelone. Ortega ne crée pas de marque hôtelière à son nom : il laisse les grands groupes, dont plusieurs figurent dans notre classement des plus grands groupes hôteliers, porter l’enseigne et le risque d’exploitation.
Peut-on dormir chez Amancio Ortega ?
Oui, et sans le savoir. Ces hôtels se réservent comme n’importe quels autres, auprès de leur exploitant ou des plateformes habituelles. Pour un séjour qui a du sens, nos préférences vont au Nobis Hotel Palma pour le charme de la vieille ville, au Bless Barcelona pour son toit sur la place de Catalogne et, dès sa réouverture, au Banke Opéra pour l’atrium de l’ancienne banque.
- 🇫🇷 Paris · Banke Opéra Paris, A Radisson Collection Hotel, 20 rue La Fayette, 75009 · réouverture annoncée en 2026
- 🇳🇱 Amsterdam · Avani Museum Quarter Amsterdam, Hobbemakade 50 · ouvert
- 🇪🇸 Palma · Nobis Hotel Palma et Concepció by Nobis, vieille ville · ouverts
- 🇪🇸 Barcelone · BLESS Hotel Barcelona, place de Catalogne · ouvert depuis août 2026
- 🇵🇹 Figueira da Foz · Vila Galé Collection Figueira da Foz, front de mer · ouvert
- 🇺🇸 New York · Kimpton Ashbel New York – Park Avenue, 70 Park Avenue · ouvert depuis avril 2026
Notre avis
L’empire hôtelier d’Amancio Ortega est discret mais cohérent : quatorze hôtels, choisis pour leur adresse et leurs murs bien plus que pour leur marque. Ortega ne joue pas à l’hôtelier, il joue au propriétaire, et c’est peut-être la meilleure façon de traverser les crises du secteur. Les deux achats de 2025 montrent qu’il monte en gamme, de l’hôtel d’affaires au cinq étoiles patrimonial. Si le Steigenberger de Hambourg suit, l’Europe du luxe comptera un grand propriétaire de plus. En attendant, retrouvez nos 50 meilleurs hôtels du monde.
































