- Où : au 155, boulevard du Montparnasse, dans le 6e arrondissement de Paris, à quelques minutes à pied du Jardin du Luxembourg.
- Format : un boutique-hôtel quatre étoiles de 27 chambres, signé Vanessa Scoffier.
- Parti pris : béton brut, inox brossé et lignes franches, que la maison revendique comme une esthétique moderniste.
- Mobilier : des pièces signées Verner Panton, Tommaso Barbi, Florian Schulz ou Curtis Jere, mêlées à des objets chinés.
- Les lieux de vie : un coffee-shop ouvert sur le quartier, un jardin d’hiver sous verrière et un piano-bar le soir.
Le sixième arrondissement n’avait plus vu arriver beaucoup d’adresses capables de surprendre. L’Hôtel Lulu s’installe au 155, boulevard du Montparnasse avec 27 chambres, un coffee-shop ouvert sur la rue et un parti pris que peu de maisons parisiennes assument : celui de la matière laissée nue. Le béton reste brut, l’inox reste brossé, et rien ne vient adoucir l’ensemble sinon la lumière et les objets.
Sommaire
Lulu, le surnom donné au Luxembourg
Le nom n’est pas celui d’une propriétaire ni d’une aïeule. Il vient du jardin. « LULU est le nouveau diminutif que nous avons imaginé pour le Jardin du Luxembourg », explique la maison, qui y voit une sonorité à la fois parisienne et artistique. L’adresse se tient à quelques minutes à pied du parc, de Saint-Germain-des-Prés et du Quartier latin, dans un périmètre où les galeries, les librairies et les cafés historiques composent depuis un siècle l’un des paysages les plus écrits de la ville.
Ce choix dit quelque chose du projet. Plutôt que de convoquer une figure tutélaire ou un patronyme de fondateur, l’hôtel se place sous le signe d’un lieu public, ouvert, que les Parisiens traversent tous les jours.
Béton brut et inox, une austérité douce
La maison ne parle pas de brutalisme mais de modernisme, et la nuance a son importance : il ne s’agit pas de rejouer les forteresses de béton des années 1960, mais de laisser chaque matériau dire ce qu’il est. Béton brut, inox brossé, lignes franches, lumières douces. La matière s’exprime sans artifice, et c’est le mobilier qui se charge de réchauffer l’ensemble.
Le casting est précis. Des créations de Verner Panton, Tommaso Barbi, Florian Schulz, Curtis Jere, Boccato Gigante Zambusi, ou encore de Noomi Backhausen et Paul Brandborg pour la manufacture danoise Søholm, dialoguent avec des objets chinés, des photographies et des livres de famille. Une photographie de Manolo Campion réalisée pour Vogue, des portes anciennes de château et une bibliothèque de littérature française tiennent lieu de décor. Dans les couloirs, une moquette à motif léopard vient rompre la rigueur d’un trait d’humour assumé.
Des chambres ouvertes sur les toits
Les 27 chambres prennent le contrepied exact des parties communes. Moquettes épaisses, murs écrus, voilages en lin, matières naturelles : l’austérité du rez-de-chaussée laisse place à une douceur presque domestique, tournée vers la lumière et les toits de Paris. Le format reste celui d’un boutique-hôtel, avec ce que cela suppose de volumes variés et de plans qui ne se répètent pas d’un étage à l’autre.
Un détail raconte le bâtiment mieux qu’une plaquette : dans le grenier, une ancienne enseigne a refait surface au cours des travaux, celle d’un Hôtel de Nice. La maison la laisse là, sans commentaire, comme une couche de plus dans un immeuble qui en compte déjà plusieurs.
Les salles de bains partent vers la Méditerranée
C’est là que le projet s’autorise sa plus grande liberté. Les salles de bains puisent leur inspiration dans l’univers des piscines méditerranéennes : mosaïques roses, vertes ou bleues, posées du sol au plafond, qui transforment une pièce utilitaire en décor à part entière. L’écart avec le béton des espaces communs est frontal, et parfaitement voulu.
Un coffee-shop le jour, un piano le soir
Le rez-de-chaussée ne fonctionne pas comme un lobby mais comme un lieu qui change de métier au fil de la journée. Petit déjeuner le matin, coffee-shop l’après-midi, piano-bar le soir. Sous une verrière transformée en jardin d’hiver, la lumière circule et les usages glissent. L’hôtel cherche moins à retenir ses clients qu’à faire entrer le quartier.
C’est un pari mesurable, et le plus risqué du projet : un coffee-shop d’hôtel ne vit que si les riverains s’en emparent. Une cheminée, un piano, des volumes ouverts et des livres laissés à disposition sont là pour y aider.
Ce que cette adresse dit du Paris de 2026
L’Hôtel Lulu appartient à une génération d’adresses parisiennes portées par des personnalités venues du design ou de la mode plutôt que par des groupes hôteliers, à l’image du projet que Morgane Sézalory développe rue des Blancs-Manteaux. Le point commun n’est pas le style, il est de méthode : un regard unique tient lieu de cahier des charges, et la cohérence remplace le standard.
Le pari du boulevard du Montparnasse est plus exposé qu’il n’y paraît. L’axe a perdu de sa centralité touristique au profit de Saint-Germain, et une adresse de 27 clés n’a pas la surface d’un palace pour absorber une saison creuse. C’est précisément ce qui rend le projet intéressant à suivre : il mise sur la fidélité d’un quartier plutôt que sur le passage.
Informations pratiques
Hôtel Lulu · 155, boulevard du Montparnasse, 75006 Paris. Boutique-hôtel quatre étoiles de 27 chambres. Coffee-shop, jardin d’hiver sous verrière et piano-bar ouverts aux clients comme aux visiteurs extérieurs.
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