- Le ministre du Tourisme Serge Papin a annoncé le 2 juin 2026 le retrait de la distinction palace pour le Park Hyatt Paris-Vendôme, le Mandarin Oriental Paris et l’Hôtel du Palais.
- Le Park Hyatt Paris-Vendôme est sanctionné pour un manque de rénovation, tandis que le Mandarin Oriental Paris a été pénalisé par un calendrier de travaux trop tardif.
- Malgré ce déclassement, les trois établissements conservent leur classement cinq étoiles et pourront représenter leur candidature après la réalisation de leurs travaux.
- La France compte désormais 33 palaces au total, avec l’entrée de six nouvelles maisons dont le Bulgari Hôtel, le Cheval Blanc et le Fouquet’s à Paris.
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans le microcosme feutré de l’hôtellerie parisienne. Le 2 juin 2026, en dévoilant la « Palace Collection 2026 », le ministre chargé du Tourisme Serge Papin a confirmé une décision rarissime : le Park Hyatt Paris-Vendôme et le Mandarin Oriental Paris perdent leur distinction de palace, rejoints dans ce déclassement par l’Hôtel du Palais à Biarritz.
Les trois adresses ne disparaissent pas du paysage du luxe pour autant : elles restent des cinq-étoiles. Mais perdre le titre suprême de l’hôtellerie française en dit long sur la nouvelle intransigeance de la commission. Derrière ces retraits se joue une réalité que connaissent tous les directeurs de palace : à ce niveau, l’excellence ne se conserve qu’au prix d’une rénovation permanente.
Un déclassement rare dans l’histoire du label « Palace »
Créée en 2010 par Atout France, la distinction « Palace » récompense les cinq-étoiles d’exception qui se hissent au-dessus de la norme, sur des critères d’emplacement, d’histoire, de service et d’art de vivre. Une commission indépendante l’attribue et la réexamine périodiquement. Le retrait du titre demeure exceptionnel, ce qui rend la décision de 2026 d’autant plus retentissante : il est bien plus courant de voir entrer de nouvelles maisons que d’en voir sortir des institutions établies.
Le Park Hyatt Paris-Vendôme, sanctionné pour un défaut de renouvellement
Ouvert en 2002 au 5 rue de la Paix, à deux pas de la place Vendôme et de l’Opéra, le Park Hyatt Paris-Vendôme a été l’un des pionniers du luxe contemporain dans la capitale. Signé par le designer Ed Tuttle, l’hôtel d’environ 150 chambres et suites abrite la table étoilée Pur’ et un spa réputé. Mais la commission a pointé un manque de rénovation et de renouvellement de l’offre, là où la concurrence parisienne a multiplié les ouvertures flambant neuves ces dernières années.

Le Mandarin Oriental Paris, rattrapé par le calendrier des travaux
Inauguré en 2011 au 251 rue Saint-Honoré, le Mandarin Oriental Paris s’est imposé en une décennie comme l’une des adresses les plus désirables de la rive droite, célèbre pour sa cour-jardin, l’un des spas les plus vastes de Paris et son restaurant Camélia. La maison hongkongaise a bien engagé un ambitieux programme de rénovation, mais celui-ci est arrivé trop tard pour la sélection 2026. Avec l’Hôtel du Palais de Biarritz, ce sont donc trois symboles qui quittent le cercle la même année.

Perdre le label « palace », qu’est-ce que cela change vraiment ?
Concrètement, les deux hôtels conservent leurs cinq étoiles et leur clientèle fortunée ne désertera pas du jour au lendemain. Le label « palace » n’est pas une catégorie de classement supplémentaire, mais une distinction d’image, un argument de prestige international très puissant sur les marchés américain, moyen-oriental et asiatique. Le perdre est avant tout un revers symbolique et commercial, sur des séjours facturés plusieurs milliers d’euros la nuit.
Bonne nouvelle pour les maisons concernées : la distinction n’est pas perdue à jamais. Une fois leurs rénovations achevées, elles pourront représenter leur candidature lors du prochain cycle. Le message de la commission est limpide : au sommet de l’hôtellerie mondiale, l’excellence se prouve en continu, et aucune réputation, aussi ancienne soit-elle, n’est acquise définitivement.
Paris reste la capitale mondiale des palaces
Ce coup de balai s’accompagne paradoxalement d’un renforcement. La même promotion 2026 fait entrer six nouvelles maisons dans le cercle, dont trois à Paris : le Bulgari Hôtel, le Cheval Blanc et le Fouquet’s. La France compte désormais 33 palaces, un record qui conforte son statut de première destination mondiale du très haut de gamme. Pour les départs et les arrivées de l’année, nous avons détaillé l’intégralité du palmarès dans notre guide des nouveaux palaces de France 2026.
Le cas du Park Hyatt et du Mandarin Oriental restera comme un signal envoyé à toute la profession. À Paris, où les ouvertures de prestige se succèdent, de l’avenue George V aux quais de Seine, la barre ne cesse de monter. Le titre de palace n’est pas un acquis : c’est une cible mouvante, que seules les maisons capables de se réinventer parviennent à viser durablement.





