- 🏨 L’hôtel · The Don CeSar, surnommé le Pink Palace · St. Pete Beach, sur le golfe du Mexique, à 30 minutes de Tampa, en Floride.
- 📅 Les dates · Ouvert en janvier 1928 par Thomas Rowe · centenaire en janvier 2028 · rouvert en mars 2025 après les ouragans Helene et Milton.
- 🏛️ L’architecture · Style néo-méditerranéen et mauresque, inspiré du Royal Hawaiian de Waikiki · façade rose, balcons, tours · architecte Henry H. Dupont.
- 🎭 Le nom · Emprunté à Don César de Bazan, héros de l’opéra Maritana de William Vincent Wallace, dont Thomas Rowe était fou.
- 🌊 Aujourd’hui · Plage privée, deux piscines, Spa Oceana, restaurant Maritana · rénovation complète en 2021 · Beach House Suites à quelques centaines de mètres.
Depuis la mer, on le voit avant tout le reste : une masse rose pâle posée sur le sable blanc de St. Pete Beach, avec ses tours, ses arcades et ses balcons, comme un décor de cinéma qu’on aurait oublié de démonter. Le Don CeSar a ouvert en janvier 1928 et fêtera ses cent ans en janvier 2028. Entre les deux, il a été palace des Années folles, hôpital militaire, bureau administratif, ruine promise aux bulldozers, puis de nouveau palace. Et, en septembre et octobre 2024, il a pris de plein fouet deux ouragans, Helene et Milton, avant de rouvrir en mars 2025. Portrait d’un survivant.
Thomas Rowe, un opéra et une façade rose
L’histoire du Don CeSar tient à une obsession. Thomas Rowe, promoteur immobilier venu de Virginie, était passionné par Maritana, un opéra de William Vincent Wallace dont le héros s’appelle Don César de Bazan. La légende raconte qu’il en avait aimé la soprano à Londres dans sa jeunesse et que le nom de l’hôtel, la fontaine du hall et jusqu’à la teinte de la façade lui rendent hommage. Ce qui est documenté : Rowe fit dessiner par l’architecte Henry H. Dupont un palace de style néo-méditerranéen et mauresque, inspiré du Royal Hawaiian de Waikiki, ouvert la même année, et l’inaugura en janvier 1928 pour un coût d’environ 1,2 million de dollars de l’époque, sur une plage alors presque déserte.
De Fitzgerald à l’armée : un siècle en quatre vies
Le Don CeSar fut d’abord l’hôtel de la haute société du Nord fuyant l’hiver. F. Scott Fitzgerald et Zelda y séjournèrent, Lou Gehrig et les New York Yankees en firent leur base de printemps dans les années 1930, et la rumeur y installa Al Capone. La crise de 1929 puis la mort de Rowe en 1940 fragilisèrent l’affaire ; en 1942, l’armée américaine racheta le bâtiment pour en faire un hôpital militaire, puis un centre de convalescence pour aviateurs, avant qu’il ne devienne un bureau régional de l’administration des anciens combattants jusqu’en 1969. Abandonné, vandalisé, promis à la démolition, il fut sauvé par une mobilisation d’habitants menée par June Hurley Young, inscrit au registre national des lieux historiques et rouvert en novembre 1973. Depuis, plusieurs vagues de travaux l’ont remis au niveau d’un palace, la dernière, en 2021, ayant repensé l’ensemble des chambres, des restaurants et des espaces communs.
| Ouverture | janvier 1928 |
| Rachat par l’armée américaine | 1942 |
| Bureau des anciens combattants | jusqu’en 1969 |
| Réouverture en hôtel | novembre 1973 |
| Rénovation complète | 2021 |
| Ouragans Helene et Milton | septembre et octobre 2024 |
| Réouverture | mars 2025 |
| Centenaire | janvier 2028 |
Helene, Milton et la réouverture de mars 2025
Le 26 septembre 2024, l’ouragan Helene a poussé dans le golfe une onde de tempête qui a inondé le rez-de-chaussée du Don CeSar et de ses Beach House Suites, comme toutes les îles-barrières de la baie de Tampa. Deux semaines plus tard, Milton passait à son tour. L’hôtel est resté fermé environ cinq mois, le temps de reconstruire le rez-de-chaussée, les restaurants et les installations de plage, et a rouvert en mars 2025. C’est un épisode que l’adresse a connu plusieurs fois en un siècle ; la différence, en 2024, c’est que la reconstruction a été menée dans la perspective du centenaire, avec un renforcement des installations en front de mer.
Ce qu’on y trouve aujourd’hui
Le Don CeSar aligne près de 280 chambres et suites dans le bâtiment historique, auxquelles s’ajoutent les Beach House Suites, un bâtiment séparé à quelques centaines de mètres, avec leur propre piscine. Les chambres jouent le pastel balnéaire, papiers peints aux flamants roses, bois clair et lin blanc ; les suites penthouse ont des terrasses sur le golfe. Le Spa Oceana, deux piscines, une plage privée avec paddles et cabanes, le restaurant Maritana, le Society Table et le Rowe Bar composent l’offre, dans un registre plus détendu que la façade ne le laisse penser. Retrouvez l’actualité des hôtels aux États-Unis sur La Revue des Hôtels.
Notre regard
Le Don CeSar appartient à cette poignée d’hôtels américains dont la silhouette vaut à elle seule le voyage, avec le Breakers de Palm Beach ou l’Hotel del Coronado en Californie. Sa force n’est pas le luxe pur, où il est dépassé par les ouvertures récentes de Miami, mais l’histoire, la plage et une clientèle familiale fidèle. À deux ans du centenaire, nous conseillons de viser l’hiver, de janvier à mars, quand la lumière du golfe justifie la couleur des murs, et une chambre en étage élevé côté mer, les niveaux bas restant les plus exposés au retour des tempêtes. Le passage de 2024 rappelle enfin une réalité que l’hôtel porte depuis un siècle : sur cette côte, on ne construit pas contre la mer, on reconstruit avec elle.
Informations pratiques
- Adresse · The Don CeSar, 3400 Gulf Boulevard, St. Pete Beach, FL 33706, États-Unis
- Meilleure période · de décembre à avril · saison des ouragans de juin à novembre
- À proximité · Pass-a-Grille (5 min), musée Dalí de St. Petersburg (25 min), Tampa (40 min)
- Site officiel · doncesar.com















