- 🏛️ Où · place du Panthéon, au Mont-Dore (Puy-de-Dôme), face aux thermes
- 🗓️ Quand · samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, visites guidées de 10 h à 18 h
- 🎟️ Tarif · gratuit, sur réservation en ligne ou au 04 73 65 20 21
- 🏗️ Histoire · bâti de 1883 à 1907 pour Aimé Sarciron et Cécile Rainaldy, architecte Louis Jarrier
- 🛏️ À son apogée · 320 clients et 240 employés, un jardin d’hiver, une rotonde à coupole
- 🔑 Aujourd’hui · copropriété depuis 1957, inscrit aux Monuments historiques depuis 2005
Il domine la place du Panthéon depuis plus d’un siècle, mais on n’y entre plus qu’en voisin. Le Sarciron, premier palace d’Auvergne, ouvre ses portes au public les 19 et 20 septembre 2026, pour les Journées européennes du patrimoine. Treize visites guidées gratuites permettent de découvrir ce géant de la Belle Époque, devenu immeuble d’habitation en 1957.

Sommaire
Un palace bâti pierre après pierre
L’histoire commence en 1882. Aimé Sarciron et Cécile Rainaldy, hôteliers à Clermont-Ferrand, vendent leur établissement de la place de Jaude et rachètent l’hôtel Chabaury, au Mont-Dore, à mi-chemin des thermes et du casino. La station est alors en pleine expansion : l’aristocratie et la grande bourgeoisie européennes viennent y soigner leurs bronches et se montrer.
Le couple ne s’arrête pas là. Pendant vingt-cinq ans, il rachète les parcelles voisines, le long des rues Ramond, Meynadier et Jean-Moulin, et agrandit l’hôtel campagne après campagne. Une première tranche est confiée en 1883 à l’architecte grenoblois Hector Riondel. À partir de 1890, c’est le Clermontois Louis Jarrier qui dessine l’ensemble, avec un grand chantier de 1893 à 1907.
Louis Jarrier, la rotonde et le jardin d’hiver
Le résultat mêle néoclassicisme et Art nouveau, dans la pierre grise des volcans, trachyte et andésite, sous des toits d’ardoise. Une rotonde coiffée d’une coupole marque l’angle nord-est, une seconde coupole carrée surmonte l’entrée de la rue Meynadier. Un jardin d’hiver est ajouté en 1898. Le sculpteur Émile Gourgouillon signe les décors : têtes et feuillages en façade, tête d’Hercule au-dessus de l’entrée de la rue Jean-Moulin, griffons de l’escalier de fer forgé.
Le bâtiment compte sept niveaux autour d’une cour intérieure rectangulaire. Les baies en plein cintre, les ferronneries des balcons et les vitraux des grandes portes en font l’un des rares témoins de l’hôtellerie thermale de luxe encore lisibles dans le Massif central. Le nom de l’architecte est toujours gravé dans la pierre, rue Ramond.
320 clients, 240 employés, l’apogée de 1907
L’inauguration de 1907 consacre l’ambition du couple. « Ça a été le premier palace d’Auvergne et le cinquième de France. Il pouvait recevoir jusqu’à 320 clients », rappelle Corine Pivard, copropriétaire et mémoire du lieu. Pour les servir, 240 employés, un ratio que seuls les grands palaces d’aujourd’hui égalent.
On ne venait pas au Mont-Dore que pour la cure. « C’était grandiose. Des personnalités du monde entier sont venues ici. C’était un endroit à la mode », poursuit-elle. Banquets, concerts, bals : les salons du Sarciron rythment les saisons thermales de l’avant-guerre, et l’hôtel fait vivre une partie de la ville.
| Achat de l’hôtel Chabaury | 1882 |
| Campagnes de construction | 1883 à 1907 |
| Jardin d’hiver | 1898 |
| Capacité à l’apogée | 320 clients, 240 employés |
| Passage en copropriété | 1957 |
| Inscription aux Monuments historiques | 21 mars 2005 |
| Visites guidées les 19 et 20 septembre 2026 | 13 départs, gratuits |
Copropriété depuis 1957, monument depuis 2005
Le déclin du thermalisme mondain emporte le modèle. En 1957, le palace est découpé en appartements et devient une copropriété, ce qui lui a sans doute évité la démolition. Certains logements se louent aujourd’hui aux curistes et aux skieurs, avec vue sur les thermes.
L’État a reconnu sa valeur tardivement. Les façades et les toitures sont inscrites aux Monuments historiques depuis le 21 mars 2005. Les espaces communs, eux, ne se visitent d’ordinaire pas : c’est tout l’intérêt de ce week-end.

Visites gratuites les 19 et 20 septembre
L’Office de tourisme du Sancy organise sept départs le samedi 19 septembre, à 10 h, 11 h, 14 h, 15 h, 16 h, 17 h et 18 h, et six le dimanche 20, de 10 h à 17 h, sans le créneau de 18 h. Rendez-vous devant le Sarciron, place du Panthéon. Les visites sont gratuites, mais la réservation est obligatoire, en ligne ou par téléphone au 04 73 65 20 21.
Le même week-end, la station propose une visite théâtralisée des thermes du Mont-Dore et l’ouverture du funiculaire du Capucin, le plus ancien funiculaire électrique de France. De quoi composer une journée entière autour du patrimoine thermal, à moins de trente minutes de Clermont-Ferrand.
Notre regard
Les palaces thermaux français ont rarement survécu en hôtels : Vichy, Aix-les-Bains ou La Bourboule en ont converti la plupart en logements. Le Sarciron montre ce que ces découpages ont préservé et ce qu’ils ont fermé : les murs sont là, l’expérience hôtelière a disparu. Ouvrir les portes deux jours par an redonne au bâtiment sa fonction première, accueillir.
Pour l’hôtellerie de luxe contemporaine, qui cherche des adresses à histoire, le message est clair. Le Massif central conserve des décors Belle Époque intacts que la Côte d’Azur et les Alpes s’arrachent. Le Sarciron ne redeviendra pas un hôtel, mais il rappelle que la montagne auvergnate a été, un temps, une destination de palaces.
Informations pratiques
- Le Sarciron, place du Panthéon, 63240 Le Mont-Dore
- Visites guidées gratuites les 19 et 20 septembre 2026, sur réservation · programme de l’Office de tourisme du Sancy
- Accès : 45 minutes de Clermont-Ferrand par la D 2089 et la D 996, gare du Mont-Dore
Crédit photo Père Igor · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0








