- Combien · 11,7 milliards d’euros investis en hôtellerie en Europe au premier semestre 2026
- Tendance · · 9,5 % sur un an, mais + 19,5 % au-dessus de la moyenne décennale
- Où va l’argent · la moitié des capitaux vers le haut de gamme et le luxe
- Qui achète · les investisseurs d’Asie-Pacifique bondissent de 86 %
- Source · données Cushman & Wakefield
Le chiffre qui circule est un recul : 11,7 milliards d’euros au premier semestre, en baisse de 9,5 % sur un an. Lu seul, il induit en erreur. Le même montant se situe 19,5 % au-dessus de la moyenne des dix dernières années, et le nombre d’actifs échangés baisse pendant que leur valeur unitaire tient ses records. Ce n’est pas un marché qui se retire, c’est un marché qui trie.
1. Un recul qui n’en est pas un
Les 11,7 milliards d’euros du premier semestre marquent un repli de 9,5 % par rapport à la même période de l’année précédente. Rapporté au temps long, le même montant dépasse de 19,5 % la moyenne de la dernière décennie.
Une partie de l’écart tient au calendrier plutôt qu’à l’appétit : l’allongement des audits et la recherche de conditions de financement ont repoussé plusieurs signatures majeures sur le second semestre. Le volume manquant n’a pas disparu, il a glissé.
2. Moins d’actifs, mais pas moins chers
Le nombre de transactions diminue tandis que la valeur unitaire reste à des niveaux records. Les acquéreurs ne constituent plus de portefeuilles indifférenciés : ils cherchent des actifs capables de soutenir des prix moyens élevés et d’absorber l’inflation des coûts d’exploitation.
Deux critères commandent désormais l’achat : l’emplacement et la marque. Ce sont les deux seules choses qu’un exploitant ne peut pas fabriquer après coup, et les seules qui protègent une marge quand les charges montent.
3. Les trophées changent de mains à Paris, Londres et Vienne
Le semestre a été marqué par des ventes d’actifs uniques de premier plan. Le Pullman Paris Tour Eiffel a changé de mains, confirmant la force d’attraction de la capitale française. À Londres, The Westminster Curio Collection, et à Vienne le Park Hyatt, ont fait l’objet de restructurations de capital d’envergure.
Ces adresses ont un point commun : elles ne sont pas reproductibles. Dans un centre historique européen, la barrière à l’entrée n’est pas le capital, c’est le bâtiment, et c’est ce qui fonde la préservation de valeur à long terme que recherchent ces acquéreurs.



4. Les portefeuilles se concentrent sur l’Espagne et le Royaume-Uni
Le marché des portefeuilles est resté actif, mais géographiquement resserré : le Royaume-Uni et l’Espagne en ont capté la majeure partie. Ces opérations permettent d’acquérir d’un coup une taille critique sur des marchés très disputés.
Dix transactions ont dépassé 100 millions d’euros sur le semestre, un segment en hausse de 30 % sur un an. Les actifs upper upscale et luxe franchissent presque systématiquement ce seuil, par simple effet de rareté.
5. L’Asie-Pacifique revient, et vite
Les volumes d’achat des investisseurs d’Asie-Pacifique ont bondi de 86 % sur un an. Fonds de pension et conglomérats familiaux y cherchent en Europe des rendements stables, hors de leurs marchés domestiques.
C’est la recomposition la plus significative du semestre. Elle déplace le centre de gravité des acheteurs sans changer la nature des cibles : ce sont les mêmes actifs premium, achetés par d’autres.
- 📊 Volume · 11,7 Md€ investis en hôtellerie en Europe au S1 2026
- 📉 Sur un an · · 9,5 %
- 📈 Sur dix ans · + 19,5 % au-dessus de la moyenne décennale
- 💎 Segment · environ 50 % des capitaux vers le haut de gamme et le luxe
- 🌏 Origine des capitaux · Asie-Pacifique + 86 % sur un an
- 🏙️ Actifs emblématiques · Pullman Paris Tour Eiffel, The Westminster Curio Collection (Londres), Park Hyatt Vienna
- 🗂️ Portefeuilles · majorité des opérations groupées au Royaume-Uni et en Espagne
- 🔗 Source · Cushman & Wakefield





