Depuis le 22 juillet, des incendies d’une ampleur exceptionnelle frappent la Gironde et les Landes, avec des foyers également recensés dans le Var, en Haute-Corse et jusqu’à Fontainebleau. Alors que les évacuations ont touché près de 250 000 personnes au plus fort de la crise, les professionnels de l’hôtellerie du Sud-Ouest lancent, ce début août, un appel à ne pas déserter leurs territoires : la saison peut encore être sauvée.
- La situation : incendies majeurs depuis le 22 juillet en Gironde et dans les Landes · environ 220 000 personnes évacuées en Gironde, 30 000 dans les Landes, 4 150 pompiers mobilisés
- L’hôtellerie : 45 campings évacués, une centaine d’établissements inventoriés au Cap-Ferret dont un seul détruit · les hôtels bordelais ont accueilli des évacués
- L’appel : la campagne « Ne nous abandonnez pas ! » de l’UMIH Gironde et Landes, lancée le 3 août, invite les vacanciers à maintenir leurs séjours
- Les aides : report de cotisations URSSAF, aide d’urgence CPSTI jusqu’à 2 000 € (voire 8 000 € en cas de destruction), mobilisation des banques et des groupes de protection sociale
« Ne nous abandonnez pas » : l’appel des hôteliers
Lancée le 3 août par Franck Chaumès, président de l’UMIH Gironde, et Arthur Laborde, président de l’UMIH Landes, la campagne « Ne nous abandonnez pas ! » porte un message simple : « venez découvrir des territoires qui ont tant à offrir ». Cafés, restaurants et hôtels restent ouverts dans l’immense majorité des communes, et « la plus belle façon de les soutenir, c’est de choisir ces destinations », insistent les deux présidents, qui en appellent aux médias, aux acteurs du tourisme et aux Français.
Le spectre de 2022 plane sur la profession : après les grands feux de cet été-là, les établissements du bassin d’Arcachon avaient encaissé jusqu’à 40 % de perte de chiffre d’affaires, alors même que la plupart n’avaient subi aucun dégât direct. C’est précisément ce scénario d’une désertion touristique par précaution que la filière veut conjurer, en plein pic de la saison.
Un été sous tension, des établissements en première ligne
Au plus fort de la crise fin juillet, environ 220 000 personnes ont été évacuées en Gironde et 30 000 dans les Landes, avec 4 150 pompiers mobilisés dans le pays, épaulés par 1 500 militaires. Quarante-cinq campings ont été évacués, vingt-quatre en Gironde et vingt et un dans les Landes. Au Cap-Ferret, sur la centaine de cafés, hôtels et restaurants inventoriés, un seul établissement a été détruit : l’outil de travail est intact, mais les réservations, elles, ont vacillé.
La solidarité s’est organisée immédiatement : des hôtels bordelais ont ouvert leurs portes aux évacués, tandis que les équipes saisonnières, parfois prévenues par SMS de quitter les lieux en urgence, ont assuré les évacuations dans le calme. « L’humain est prioritaire », résume Franck Chaumès.
Reports de cotisations, aides d’urgence : ce qui est déjà en place
Pour les professionnels touchés, plusieurs dispositifs sont activés. L’URSSAF accorde le report immédiat des cotisations sociales sur simple demande, ainsi qu’une réduction des cotisations provisionnelles en cas d’activité en berne (démarche via la messagerie sécurisée, motif « situation exceptionnelle », ou par téléphone au 3957 pour les employeurs et au 3698 pour les indépendants).
Le CPSTI verse de son côté une aide d’urgence pouvant atteindre 2 000 € pour les indépendants des zones évacuées contraints d’interrompre leur activité, et jusqu’à 8 000 € en cas de destruction du local professionnel ou de la résidence, avec un traitement des dossiers sous quinze jours (formulaire sur secu-independants.fr). Les dispositifs couvrent la Gironde, les Landes, le Var et la Seine-et-Marne. Les banques ont annoncé des mesures d’accompagnement pour leurs clients sinistrés, et les groupes de protection sociale Klesia et Malakoff Humanis ont déclenché une aide solidaire dédiée aux salariés des cafés, hôtels et restaurants touchés.
Notre regard
Comme nous l’écrivions fin juillet dans notre premier point sur la situation, le paradoxe de ces crises est cruel : les destinations souffrent moins des flammes que de l’image qu’elles laissent. Les faits sont pourtant têtus : au Cap-Ferret, un seul établissement détruit sur une centaine ; partout ailleurs, des maisons ouvertes, des équipes en place et des territoires qui n’ont jamais eu autant besoin de leurs visiteurs. La fin de saison du Sud-Ouest se jouera en août : elle dépend moins du feu que des réservations qui suivront.






