- Quoi · le Sidi Saler, premier cinq-étoiles de Valence, fermé depuis 2011, vient d’être racheté pour rouvrir en hôtel de luxe.
- Où · à El Saler, dans le parc naturel de l’Albufera, à une quinzaine de kilomètres au sud de Valence.
- Le parti pris · une architecture dite régénérative : ossature conservée, gabarit inchangé, chantier bas carbone.
- La singularité · un centre de soin et de recherche pour la faune marine intégré à l’hôtel.
- Le point de blocage · l’évaluation d’impact environnemental régionale, encore à obtenir.
C’est l’une des friches hôtelières les plus commentées d’Espagne. Bâti dans les années 1970 au cœur du parc naturel de l’Albufera, le Sidi Saler a été le premier hôtel cinq étoiles de Valence avant de fermer ses portes en 2011 et de se dégrader pendant quinze ans, à quelques mètres de la plage. Une société immobilière valencienne vient d’en faire l’acquisition auprès des fonds Divarian et Coral Homes, avec un projet qui sort nettement de l’ordinaire.


1. Quinze ans de friche au cœur d’un parc naturel
Le Sidi Saler occupe une position que plus aucun promoteur ne pourrait obtenir aujourd’hui : les pieds dans la Devesa del Saler, ce cordon dunaire boisé qui sépare la Méditerranée de la lagune de l’Albufera. C’est précisément ce qui a bloqué le dossier pendant une décennie. Le bâtiment est classé hors normes d’urbanisme, ce qui limite drastiquement ce qu’on peut y faire, et sa concession n’autorise qu’un usage hôtelier.
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Résultat : ni démolition, ni reconversion en logements, ni abandon indéfini. Plusieurs projets ont échoué depuis 2019, entre oppositions politiques et incertitudes juridiques, pendant que le bâtiment se faisait piller et taguer. Le rachat met un terme à cette impasse.
2. L’architecture régénérative, concrètement
Le terme d’architecture régénérative revient partout dans la communication hôtelière ; ici, il recouvre des décisions vérifiables. L’ossature en béton existante est conservée plutôt que démolie, ce qui évite la part la plus lourde du bilan carbone d’un chantier neuf. Le gabarit du bâtiment reste inchangé, contrainte imposée par la réglementation littorale espagnole autant que choix affiché.
Le travail porte donc sur l’enveloppe : performance thermique des façades, et surtout un éclairage ambré de faible intensité, orienté vers le sol, pour ne pas perturber la faune nocturne du parc. Ce dernier point n’est pas cosmétique : la pollution lumineuse est l’un des griefs historiques des naturalistes contre l’implantation de l’hôtel dans la Devesa.
3. Un centre de soin pour la faune marine dans un hôtel
C’est la partie la plus inhabituelle du programme. Le futur Sidi Saler prévoit d’héberger un centre de soin et de recherche dédié à la biodiversité marine, destiné à recueillir les animaux en difficulté sur le littoral valencien. Des partenariats scientifiques sont évoqués avec l’Oceanogràfic de Valence et l’Université de Valence.
Pour les clients, l’accès se fera par des parcours pédagogiques aménagés dans les dépendances. L’intention est claire : transformer la principale objection au projet, sa position dans un espace naturel protégé, en argument. Le dispositif ne vaudra que par les moyens réellement engagés, et ceux-ci n’ont pas encore été détaillés.
4. Ce qu’il reste à obtenir avant le premier coup de pioche
Le lancement du chantier reste suspendu à l’évaluation d’impact environnemental délivrée par les autorités régionales. La municipalité de Valence soutient une réhabilitation bas carbone qui offre une issue à la friche, mais une partie de la classe politique locale continue de réclamer la démolition pure et simple et la renaturalisation de la Devesa.
Aucune date d’ouverture n’a été annoncée, et aucun nombre de chambres n’a été confirmé à ce stade. Sur un dossier de cette sensibilité, la prudence est de mise : la vraie information du jour, c’est qu’un propriétaire solvable a repris le bâtiment avec un projet compatible avec sa concession.
5. Une tendance de fond à Valence
Le Sidi Saler n’est pas un cas isolé. La ville voit se multiplier les opérations de réhabilitation hôtelière sur des bâtiments laissés à l’abandon, à l’image de cet immeuble en ruine transformé en hôtel boutique en plein centre. La côte espagnole dans son ensemble suit le même mouvement, de l’ouverture du resort ZEST à Ibiza aux rachats d’établissements barcelonais : le foncier neuf se raréfie, la valeur se déplace vers la remise en état de l’existant.
- 📍 Localisation · El Saler, parc naturel de l’Albufera, Valence, Espagne
- 🏨 Historique · ouvert dans les années 1970, premier cinq-étoiles de Valence, fermé en 2011
- 🌿 Parti pris · réhabilitation régénérative, ossature et gabarit conservés
- 🐢 Particularité · centre de soin et de recherche pour la faune marine
- ⏳ Étape en cours · évaluation d’impact environnemental régionale





