Sommaire
L’essentiel
- Le Castilla Termal Palacio de Avellaneda a ouvert le 12 août 2026 à Peñaranda de Duero, dans la province de Burgos.
- Un palais du XVIe siècle bâti par les Zúñiga y Avellaneda, classé Bien de Interés Cultural depuis 1923 et propriété de l’État depuis 1940.
- Quatre-vingts chambres et suites de 30 à 40 mètres carrés, ouvertes sur la Plaza de los Duques de Miranda ou sur la collégiale Santa Ana.
- Un spa thermal alimenté par des eaux minéro-médicinales, sous une verrière portée par des colonnes.
- Sixième adresse du groupe, à partir de 315 euros la nuit. Une heure et demie de Madrid, au cœur de la Ribera del Duero.
Il y a deux façons de faire un hôtel dans un monument. On peut le meubler et le rouvrir, ou on peut passer trois ans à le remettre debout. Le Palacio de Avellaneda avait fermé depuis plus de dix ans quand le chantier a commencé, et c’est cette seconde voie qui a été prise. Le résultat a ouvert le 12 août.
Un palais Renaissance, pas un décor Renaissance
Le palais des Zúñiga y Avellaneda est l’un des édifices civils les plus représentatifs de la Renaissance castillane. Bâti au XVIe siècle sur la Plaza de los Duques de Miranda, il est classé Bien de Interés Cultural depuis 1923 et appartient à l’État espagnol depuis 1940 : la restauration s’est donc menée sous contrainte patrimoniale, pas au gré d’un décorateur.
Ce qui a été conservé se voit à l’œil nu : les plafonds à caissons sculptés, la galerie à colonnades du patio, les proportions d’origine des salles. Ce qui a été ajouté, chauffage, isolation, réseaux, se voit le moins possible. C’est la définition même d’une bonne réhabilitation, et c’est aussi ce qui explique la durée du chantier.
Le thermalisme, moteur du groupe
Castilla Termal ne fait pas de l’hôtellerie patrimoniale par goût du décor : le groupe reconvertit des monuments autour d’une ressource, l’eau. Le spa d’Avellaneda est alimenté par des eaux minéro-médicinales certifiées, et non par un circuit de bien-être générique, ce qui change la nature du séjour et sa saisonnalité.
Le bassin principal occupe une salle couverte d’une verrière et portée par des colonnes, avec des banquettes en enfilade le long des murs de pierre. À l’extérieur, une terrasse de transats prolonge le parcours vers les jardins. C’est un thermalisme qui se regarde autant qu’il se pratique, et qui justifie de venir en février autant qu’en juillet.
Quatre-vingts chambres, deux vues
L’hôtel compte quatre-vingts chambres et suites, de trente à quarante mètres carrés. Les fenêtres donnent soit sur la Plaza de los Duques de Miranda, soit sur la silhouette de la collégiale Santa Ana : dans les deux cas, on regarde le village et non une cour technique, ce qui n’allait pas de soi dans un bâtiment de cette forme.
Les intérieurs restent volontairement sobres, murs de pierre apparente ou enduits clairs, bois pâles, textiles unis. Le parti pris se comprend : dans une pièce dont le plafond est déjà un objet de musée, la décoration a intérêt à se taire.
La table, et ce qu’il y a autour
On est en pleine Ribera del Duero, l’une des deux grandes appellations rouges d’Espagne, et la carte s’y adosse. La proximité des bodegas est le véritable argument du séjour hors saison thermale : Peñaranda est à distance de visite des domaines d’Aranda de Duero et de Roa, et la vendange, en septembre et octobre, est le moment où la région se visite le mieux.
L’établissement accueille par ailleurs les chiens, avec une carte qui leur est destinée. C’est un détail, mais il en dit long sur la clientèle visée : des séjours de deux à trois nuits, en voiture, souvent en couple, souvent avec l’animal.
Notre regard
Peñaranda de Duero est un village de moins de six cents habitants. Y ouvrir quatre-vingts chambres cinq étoiles n’est pas une opération de volume, c’est un pari sur la capacité d’un monument à faire venir des gens qui, sans lui, ne s’arrêteraient pas. Le modèle de Castilla Termal repose entièrement là-dessus, et c’est sa sixième démonstration.
La question qui reste ouverte est celle du remplissage hors thermalisme et hors vendanges. Janvier à Burgos est rude, et un spa, même alimenté par une source certifiée, ne remplit pas seul quatre-vingts clés. La réponse tiendra sans doute au week-end long madrilène, à une heure et demie de route.
Informations pratiques
Adresse · Plaza de los Duques de Miranda, Peñaranda de Duero, province de Burgos, Castille-et-León.
Ouverture · 12 août 2026.
Capacité · 80 chambres et suites de 30 à 40 m².
Tarifs · à partir de 315 euros la nuit.
Accès · environ 1 h 30 de Madrid, 1 h de Burgos, 45 minutes d’Aranda de Duero.
Meilleure période · septembre et octobre pour la vendange, l’hiver pour le thermalisme.
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