- 🏨 Projet · Hotel Okura Thermal Resort & Spa Cappadocia
- 📍 Où · Mustafapaşa, province de Nevşehir, Cappadoce (Turquie)
- 🗓️ Ouverture · 2028, treize ans après la première annonce
- 🔑 Capacité · 102 clés réparties sur quatre bâtiments
- 🧖 Spa · 3 500 m², présenté comme le plus vaste de la région
- 🍽️ Tables · trois restaurants, dont le teppanyaki Sazanka
- 🤝 Partenaires · Hotel Okura et le groupe d’investissement KK Universal
Il aura fallu treize ans. Le groupe japonais Hotel Okura a confirmé le 27 juillet 2026 l’ouverture en 2028 de l’Hotel Okura Thermal Resort & Spa Cappadocia, dans le village de Mustafapaşa, en Cappadoce. Le projet avait été initié en février 2015 par une coentreprise restée sans suite visible pendant plus d’une décennie. Ce sera le premier établissement de l’enseigne en Turquie.


Un projet de 2015 qui repart en 2026
L’histoire de ce dossier dit quelque chose de l’hôtellerie de luxe en Turquie. La coentreprise Okura Saraylı Hotel Management a été constituée le 13 février 2015, avec Saraylı Turizm. Puis plus grand-chose, pendant onze ans. C’est l’arrivée de KK Universal, groupe d’investissement immobilier et hôtelier basé en Turquie, qui a débloqué le projet.
Le contrat de gestion hôtelière a été signé le 22 mai 2026 avec Oluşum Grubu Gayrimenkul Yatırımları ve İnşaat Ticaret, la société d’exploitation. Deux mois plus tard, l’annonce publique fixait l’ouverture à 2028. « Nous sommes honorés de lancer ce projet avec KK Universal », a déclaré Toshihiro Ogita, président de Hotel Okura, en soulignant qu’il s’agissait de l’entrée de la marque sur le marché turc.
| Février 2015 | Création de la coentreprise Okura Saraylı Hotel Management A.Ş. |
|---|---|
| 22 mai 2026 | Signature du contrat de gestion hôtelière avec Oluşum Grubu |
| 27 juillet 2026 | Annonce publique du projet relancé et de son calendrier |
| 2028 | Ouverture annoncée du resort thermal |
Quatre bâtiments, 102 clés et un manoir restauré
Le programme est désormais connu, et il est plus fin qu’un simple resort neuf. L’ensemble comptera 102 clés réparties sur quatre bâtiments, dont trois seront reliés entre eux par des passages souterrains. Un manoir historique acquis pour l’opération sera restauré et intégré au domaine, aux côtés de constructions de pierre préservées.
Ce parti pris de couture entre l’ancien et le neuf explique en partie la longueur du calendrier. Restaurer un bâti ancien dans une région inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO impose des contraintes qu’ignore un chantier en terrain nu. Le site se trouve à environ 55 kilomètres de l’aéroport de Nevşehir Cappadocia.
Mustafapaşa, un choix qui n’est pas Göreme
L’implantation mérite qu’on s’y arrête. Mustafapaşa n’est pas la Cappadoce des cartes postales. Le village, l’ancienne Sinasos, doit son architecture de pierre taillée aux artisans grecs qui l’habitaient jusqu’à l’échange de populations de 1923, et il a gardé un tissu bâti d’une rare cohérence, loin de la densité touristique de Göreme ou d’Ürgüp.
Pour une marque japonaise qui vend l’omotenashi, cette hospitalité faite d’attention discrète, le calme du lieu n’est pas un détail de localisation : c’est une condition du produit. Reste que Mustafapaşa se situe à l’écart des principaux points de chute, ce qui suppose de créer la raison de venir plutôt que de capter un flux existant.




Le thermalisme comme argument de durée de séjour
Le cœur du projet est un centre thermal et de bien-être de 3 500 mètres carrés, présenté comme le plus vaste de la région. Il s’appuiera sur des sources minérales sous licence, avec des bains thermaux et un hammam traditionnel turc. L’enjeu économique est explicite : allonger des séjours qui, en Cappadoce, dépassent rarement deux nuits.
C’est un pari cohérent avec ce que la région sait déjà faire. La Cappadoce attire massivement pour ses vols en montgolfière et ses églises rupestres, deux expériences qui se consomment en un matin. Le thermalisme, lui, se pratique en cure. Si l’équation fonctionne, l’ensemble de l’hôtellerie haut de gamme locale en profitera, pas seulement l’Okura.



Trois tables, dont un teppanyaki Sazanka
Le resort comptera trois restaurants. Parmi eux, un Sazanka, l’enseigne teppanyaki historique du groupe Okura, née à Tokyo. C’est la signature la plus japonaise du projet, et sans doute la plus risquée : un comptoir teppanyaki en Anatolie centrale suppose une clientèle internationale que la région devra continuer d’attirer hors saison.
Notre regard
Ce dossier vaut moins par ses superlatifs que par son calendrier. Un projet annoncé en 2015, resté dormant onze ans, puis relancé en trois mois par l’entrée d’un investisseur : c’est le schéma classique des grands actifs hôteliers en Turquie, où le foncier et le tourisme n’ont jamais manqué, mais où le capital patient était rare.
Une inconnue demeure. L’ouverture en 2028 laisse deux ans à d’autres opérateurs pour se positionner sur le même créneau thermal, dans une région où l’offre haut de gamme s’étoffe vite. Le pari d’Okura est que la combinaison d’un spa de 3 500 mètres carrés et d’un bâti patrimonial restauré ne se copie pas en vingt-quatre mois. Nous suivrons ce chantier.




