L’essentiel
- L’Hôtel Les Roches est un 5 étoiles du Lavandou, dans le Var, posé sur les rochers des calanques de Peire Gouerbe, au-dessus de la baie d’Aiguebelle.
- La maison compte 40 chambres et suites, toutes face à la mer et sans vis-à-vis, pensées comme les cabines d’un bateau.
- Elle a rejoint Relais & Châteaux en mars 2025 et son restaurant, L’Oursin, a décroché une étoile au Guide Michelin, sous la conduite des chefs Antoine Gras et Benoît Gornard.
- L’architecture contemporaine est signée Jean-Baptiste Pietri, et l’hôtel figure dans la sélection mondiale des 16 plus beaux hôtels du Prix Versailles 2026.
- Le Spa L’Oiseau Bleu, une piscine intérieure chauffée et une piscine extérieure complètent l’adresse.
Il y a des adresses que la Côte d’Azur n’oublie pas. Au Lavandou, sur la route qui file vers Aiguebelle, une bâtisse de pierre claire semble amarrée à la roche, au ras de l’eau. Dans les années 1930, on l’appelait Les Roches Fleuries, et l’on y accostait en bateau. Thomas Mann, fuyant le nazisme, y trouve refuge en 1933 et écrit que « la mer devant nos portes de balcon se précipite sur les rochers ». Churchill, Cocteau, Christian Dior, Humphrey Bogart et Lauren Bacall y ont défilé. Françoise Sagan y séjourne en 1957, pendant le tournage de Bonjour Tristesse.
✈️ Envie d'y séjourner ?
Comparez les prix & disponibilités
pour Hotel Les Roches
Lien partenaire : si vous réservez via ce lien, La Revue des Hôtels reçoit une commission, sans surcoût pour vous. Cela soutient notre travail éditorial indépendant.
Aujourd’hui, la maison a repris son nom d’origine, l’Hôtel Les Roches, et rouvert sous un dessin entièrement contemporain. Elle est entrée chez Relais & Châteaux, sa table a décroché une étoile, et son architecture figure parmi les seize plus beaux hôtels retenus dans la sélection mondiale du Prix Versailles 2026. Visite.
Une architecture de pierre, posée sur la roche
C’est l’architecte marseillais Jean-Baptiste Pietri qui a redessiné la maison. Le parti pris se lit d’un coup d’œil depuis la mer : un socle d’arcades de pierre, des volumes blancs étagés en balcons, des murs épais percés d’ouvertures franches sur l’horizon. Relais & Châteaux décrit le bâtiment, construit en pierre claire de Bormes, « comme un bateau amarré dans la baie d’Aiguebelle ». La comparaison colle, et l’hôtel l’assume jusque dans le vocabulaire de ses chambres.
Le jury du Prix Versailles, qui l’a retenu dans sa sélection 2026 des plus beaux hôtels du monde, salue précisément cette écriture : des murs épais, des ouvertures maîtrisées, des matériaux durables et cette impression de navire posé sur l’eau. Entre les terrasses de bois, un olivier isolé, des escaliers taillés dans la pente et des bassins qui prolongent la mer, la maison joue en permanence sur le contact avec la roche.




Quarante chambres, toutes tournées vers la mer
La promesse est simple et rare : les 40 chambres et suites font toutes face à la mer, sans vis-à-vis, juste au-dessus de l’eau. Le décor mêle boiseries et terrazzo, dans une palette de bleu canard et de bois clair, et la plupart des chambres sont modulables et communicantes, ce qui en fait une adresse étonnamment praticable en famille. Cinq catégories se répartissent de la Chambre Supérieure de 30 m² à la Suite Familiale de 60 m², en passant par les Suites Deluxe et Prestige.
Le geste architectural le plus marquant se joue dans certaines chambres, où la baie s’ouvre sur une arche de pierre brute qui découpe la Méditerranée comme un tableau. Détail qui compte : l’hôtel accroche dans ses chambres des œuvres originales, dont une série de photographies de Jean-Daniel Lorieux réalisées entre 1980 et 1989. Le petit-déjeuner en chambre, le room service et le service voiturier sont compris dans le séjour.





L’Oursin, une étoile au bord de l’eau
C’est la consécration de la maison : L’Oursin a décroché une étoile au Guide Michelin. En cuisine, Antoine Gras, venu de La Table de l’Ours à Val-d’Isère, également étoilée, et Benoît Gornard. Le guide décrit une cuisine épurée, construite autour d’un beau produit, d’une sauce et d’une garniture : poissons livrés par un pêcheur du Lavandou, herbes et légumes du potager, agrumes du Sud. Le plat signature relevé par Michelin, des huîtres de Tamaris enrobées d’algues et d’épinards, beurre blanc au caviar, résume assez bien l’esprit du lieu.
La salle mérite le détour à elle seule, habillée des peintures murales de l’artiste japonaise Maki Ohkojima, réalisées sur mesure pour l’hôtel en 2023. La carte des vins est portée par la cheffe sommelière Magali Delalex, distinguée Meilleure Sommelière 2024 par le Guide Michelin.
Les Roches ne se limite pas à sa table étoilée. Le midi, Le Déjeuner des Roches passe en mode bistrot avant que le lieu ne se métamorphose le soir. Sur le toit, La Langouste propose une table de partage autour du crustacé, le soir uniquement et fermée le mardi. Enfin, Le Bar des Roches déroule sa vue sur la baie et les Îles d’Or, avec concerts à l’heure de l’apéritif et cocktails signature.





Le Spa L’Oiseau Bleu, les pieds dans l’eau
Le spa de la maison porte un nom, L’Oiseau Bleu, et une idée : rester au contact de la mer. Sa piscine intérieure chauffée, bordée de terrazzo, est percée de larges ouvertures taillées dans la pierre brute qui cadrent la Méditerranée et s’y reflètent. L’hôtel le présente sans modestie comme l’un des plus beaux spas de la Côte d’Azur, et la promesse visuelle est tenue. S’y ajoutent un espace détente avec jacuzzi, une salle de fitness et une carte de soins et de massages.
Côté extérieur, la Piscine des Roches prolonge le décor : on y nage face aux îles du Levant et de Port-Cros, avec l’impression d’être en pleine mer. L’hôtel ne revendique pas de plage privée, mais la plage d’Aiguebelle est à deux pas, et les activités nautiques ne manquent pas alentour, du kayak à la voile.


Un petit musée sur la mer
La maison aime se décrire comme « un petit musée sur la mer », et ce n’est pas qu’une formule. On y croise des œuvres de Michelangelo Pistoletto dans le patio, de Ma Desheng, les fresques marines de Maki Ohkojima, les photographies de Jean-Daniel Lorieux, ainsi que des pièces de Romain Barré et de Vladimir Zbynovsky. Une manière de rappeler que Les Roches fut, dès les années 1930, un refuge d’écrivains et d’artistes.
L’avis de La Revue des Hôtels
Les Roches réussit un exercice difficile : renaître sans trahir. L’adresse aurait pu se contenter de capitaliser sur sa légende ; elle a préféré une architecture franchement contemporaine, qui épouse la roche au lieu de la masquer. Le résultat est l’un des plus beaux dialogues entre pierre et Méditerranée de la Côte d’Azur, servi par une table étoilée et un spa qui joue vraiment la carte de l’eau. C’est aujourd’hui l’une des adresses les plus désirables du Var, à réserver longtemps à l’avance. Comptez, à titre indicatif, autour de 650 à 700 euros la nuit en entrée de gamme selon la saison.






