- Le Brenners Park-Hotel & Spa, fleuron de la collection Oetker, rouvre à Baden-Baden (Allemagne) après une rénovation d’envergure menée sur l’ensemble du palace.
- Le bâtiment a été entièrement repensé : volumes, isolation, chauffage et façade restaurée avec les autorités du patrimoine, sans trahir l’esprit classique du lieu.
- Son point fort reste la Villa Stéphanie, l’un des spas de référence en Europe, doublée du Brenners Medical Care (médecine préventive).
- 106 chambres et suites de 30 à 150 m², à partir de 483 euros la nuit, sur la promenée Lichtentaler Allee, en plein cœur de la ville thermale.
S’il existait un Monopoly des hôtels de luxe, le Brenners Park-Hotel & Spa occuperait sans aucun doute une case très convoitée, quelque part entre Le Bristol, palace parisien iconique, et l’Hôtel du Cap-Eden-Roc sur la Côte d’Azur, tous deux membres eux aussi de la prestigieuse collection Oetker Hotels. Cet hôtel en lisière de la Forêt-Noire fait partie du patrimoine de Baden-Baden. Il rouvre enfin ses portes après des travaux colossaux.
Le Brenners à travers les siècles
Baden-Baden, ville thermale de 5 500 habitants, fut mise en lumière au XIXe siècle quand Stéphanie de Beauharnais, fille adoptive de Napoléon Bonaparte, épousa le Duc de Bade, scellant une alliance politique utile à l’empereur. Toute la bonne société française découvrit alors les vertus des sources thermales romaines coulant de la montagne environnante, de l’air pur et du microclimat clément régnant au pied de la Forêt-Noire. Courbet, de Nerval, Delacroix, Musset et bien d’autres prirent l’habitude de fréquenter celle qui devint la capitale d’été de l’Europe et l’une de ses stations les plus chics.
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César Ritz et Auguste Escoffier, désireux de créer un nouveau type d’hôtel de luxe exclusif, achetèrent et développèrent en 1888 l’actuel Brenners Park-Hotel. Bien avant Le Bristol (racheté en 1978), le Brenners Park-Hotel & Spa est aujourd’hui le fleuron de la famille Oetker, un empire industriel allemand aussi discret qu’influent fondé par le Dr August Oetker, inventeur de la levure chimique. Le groupe, resté aux mains de la même famille, s’est progressivement diversifié pour constituer une collection hôtelière à l’ADN d’abord européen, étendue aujourd’hui au Brésil, aux Caraïbes et bientôt à Palm Beach, en Floride.
À Baden-Baden, tout le monde connaît le Brenners. En 1962, le général de Gaulle y retrouva Konrad Adenauer pour poser la première pierre de l’alliance franco-allemande. Plus récemment, de nombreux chefs d’États y séjournèrent, à l’instar de Barack Obama. Bénéficiant d’un service impeccable et d’un personnel diligent, l’hôtel a récemment entamé sa mue. Si la ville du Bade-Wurtemberg compte aujourd’hui cinq autres hôtels cinq étoiles, le Brenners demeure la star incontestée : le plus grandiose, le mieux fréquenté.
Un palace au cœur de la Lichtentaler Allee
Situé sur la Lichtentaler Allee, promenade de deux kilomètres et demi longeant la rivière Oos, le Brenners jouit d’une localisation idéale en plein centre de Baden-Baden. Face à ce tapis vert planté d’arbres centenaires, l’établissement est posé au milieu d’un parc, bordé de nature et de somptueuses villas. On trouvera sur la promenade le premier court de tennis d’Allemagne, un couvent cistercien, une fondation d’art contemporain et un ensemble de ponts romantiques hautement instagrammables. Les boutiques des plus grandes marques (Chopard, Escada…) sont à moins de dix minutes à pied de l’hôtel.

Le vénérable établissement regroupe trois bâtiments interconnectés à l’architecture classique typique des grandes maisons thermales allemandes de la fin du XIXe siècle : le bâtiment principal, abritant la majorité des chambres ainsi que le lobby, les restaurants et les espaces de vie ; la Villa Stéphanie, qui propose 15 chambres sur 5 000 m² et abrite le spa ; et, entre les deux, la Parkvilla, une maison confidentielle de huit suites seulement, qu’il est possible de privatiser entièrement.
Une rénovation d’envergure, sans trahir l’âme du lieu
Après plus d’un siècle et demi de règne quasi sans partage, l’hôtel de légende avait subi les outrages du temps. Une actualisation s’imposait. La rénovation est à la hauteur de son aura : d’envergure. Le bâtiment a été entièrement vidé, les murs abattus, les volumes repensés. L’isolation a été refaite de fond en comble, le système de chauffage modernisé, tandis que des panneaux photovoltaïques ont été installés sur le toit. Le résultat se ressent dès l’entrée dans le lobby : une chaleur stable et homogène enveloppe les lieux, malgré l’ancienneté du bâti. Un confort immédiat très appréciable, les hivers allemands ne plaisantant pas (- 3 °C lors de notre passage en décembre 2025).
Alors, comment est-il, ce nouveau Brenners ? Que sa noble clientèle se rassure : l’esprit n’a pas changé. Toujours accueillant, réconfortant, princier. Dès l’entrée, le lobby monumental donne le ton, avec sa gerbe de poinsettias flamboyants et ses grooms en livrée. Tout se joue désormais dans la subtilité : une palette chromatique adoucie (adieu couloirs jaunes et moquette rouge) vient rafraîchir l’ensemble sans le dénaturer. L’ADN demeure résolument classique, simplement rehaussé de touches contemporaines. La façade a, elle aussi, retrouvé sa superbe, restaurée avec le concours des autorités patrimoniales allemandes : balustrades protégées des balcons et grand escalier monumental ont été soigneusement remis en état.

À table : du Wintergarten au Fritz & Felix
Au Wintergarten (jardin d’hiver, en allemand), on déjeune et l’on dîne divinement bien, dans une atmosphère aristocratique décontractée. Le service est précis, sans être guindé. Sous une élégante verrière, la salle s’ouvre sur les jardins, la rivière Oos et la Lichtentaler Allee. La cuisine se distingue par sa finesse : amuse-bouches délicats, menu renouvelé chaque semaine, beaux ingrédients régionaux selon les saisons : truite de la Forêt-Noire, veau de l’Alb Valley, chanterelles… Le menu se décline en trois formats : cinq temps à 145 euros, quatre temps à 130 euros, trois temps à 115 euros. À tester absolument pour les amateurs de viande : le steak tartare de bœuf Simmental, préparé et assaisonné minute, directement à table. Royal.
Au Fritz & Felix, finie la chasse aux étoiles et la gastronomie engoncée. Hot spot de Baden-Baden, cette brasserie chic propose trois salles au décor léché : ambiance jazzy, grand bar contemporain, cuisine ouverte et impressionnant four Charcoal de 2,5 tonnes. À la carte, des viandes maturées sélectionnées auprès d’artisans (bavette de veau galicien Ternera Gallega, bœuf d’Albtal, entrecôte maturée à sec) mais aussi des poissons fins et des légumes de saison, travaillés avec la même précision.
Des chambres pensées comme des appartements privés
À la baguette, la comtesse Birgit Douglas, de MM Design. Fille de Rudolf-August Oetker, déjà à l’origine de la renaissance décorative de l’Hôtel du Cap-Eden-Roc sur la Côte d’Azur, elle signe ici une partition subtile et remarquable. Les 106 chambres et suites, de 30 à 150 m², ouvertes sur la cour, la ville ou le parc, se déclinent en vingt-sept ambiances distinctes. Le fil conducteur ? Une élégance contemporaine joyeuse et maîtrisée. Exit les motifs floraux et les lits à baldaquin : le décor a été allégé. Les catégories ont été repensées, avec notamment la création, sous les toits, d’une dizaine de vastes suites communicantes idéales pour les familles.

Chaque chambre est pensée comme un appartement privé : meubles de famille issus de la collection Oetker, tapisseries choisies, œuvres d’art. Les textiles jouent un rôle central. Coussins et tentures, réalisés sur mesure par Colefax & Fowler, dialoguent avec les motifs et textures de Pierre Frey, les papiers peints à la main de De Gournay ou encore les tissus d’exception signés Loro Piana. Les palettes naviguent entre ocres patinés, bleus poudrés, verts forêt profonds et nuances crème. Mention spéciale pour les salles de bains, qui assument un vrai parti pris décoratif (miroirs, papiers peints, gravures), comme une extension naturelle de la chambre, et pour les dressings, conçus comme des pièces à part entière, très spacieux et élégants.
Villa Stéphanie, une référence européenne du bien-être
Le Brenners Spa & Wellbeing déploie une offre de très haut niveau, avec en point d’orgue une superbe piscine baignée de lumière, ouverte aux beaux jours sur le parc privé. Les parcours débutent par une évaluation approfondie, associant une analyse de la peau avec le dispositif high-tech VISIA® Gen7 de Canfield, une analyse de la composition corporelle et un entretien individuel, avant d’orienter vers des protocoles ciblés : JetPeel, soins du visage avec la marque Augustinus Bader, rituels détox, massages thérapeutiques, drainages lymphatiques…

Mais le Brenners Park ne se limite pas à être l’un des plus beaux hôtels-spas d’Europe. Sa botte secrète, prisée des ultra-VIP (les Beckham comptent parmi ses fidèles) : le Brenners Medical Care. Ce centre médical dirigé par le Dr Harry König combine médecine préventive, diagnostics modernes et spécialités complémentaires, de la naturopathie à la physiothérapie, de la médecine esthétique à la nutrition, afin de proposer des programmes de santé personnalisés en parallèle des soins bien-être traditionnels. Une adresse de référence en Europe, au même titre que le Lanserhof, la clinique Buchinger Wilhelmi en Allemagne ou la SHA Wellness Clinic en Espagne.
Nos cinq coups de cœur
- Le confort thermique retrouvé dès le lobby, une chaleur enveloppante malgré l’ancienneté du bâti.
- La piscine du spa, baignée de lumière et ouverte sur le parc privé aux beaux jours.
- Le steak tartare de bœuf Simmental du Wintergarten, préparé et assaisonné minute à table.
- Les chambres signées comtesse Birgit Douglas, chacune pensée comme un appartement privé.
- Le Brenners Medical Care, rare alliance d’un palace et d’un vrai centre de médecine préventive.
Y aller et profiter de Baden-Baden
- Assister au Grand Prix de l’hippodrome d’Iffezheim, l’équivalent du Prix de l’Arc de Triomphe, depuis le lounge réservé aux clients de l’hôtel.
- S’immerger dans la culture thermale au Friedrichsbad, inauguré au XIXe siècle sur des vestiges antiques, ou aux Thermes Caracalla, plus contemporains (certains bains sont mixtes et sans maillot, hors créneaux réservés).
- Assister à un concert au Festspielhaus Baden-Baden, installé dans l’ancienne gare, plus grand opéra d’Europe après celui de Paris.
- S’y rendre depuis Paris en TGV jusqu’à Strasbourg (environ 1 h 45), puis 45 minutes de route pour rejoindre Baden-Baden, à quelques minutes du centre-ville.
Brenners Park-Hotel & Spa · 127 clés, à partir de 483 euros la nuit · Schillerstraße 4/6, Baden-Baden, Allemagne.





