- Fontevraud L’Ermitage occupe le Prieuré Saint-Lazare, au cœur de l’abbaye royale de Fontevraud, entre Tours et Angers.
- L’hôtel 4 étoiles compte 54 chambres et suites aménagées dans d’anciennes cellules monastiques.
- La métamorphose a été signée par le duo de designers Jouin Manku, avec un mobilier réalisé sur mesure par des artisans locaux.
- L’abbaye, fondée en 1101, est le plus vaste ensemble monastique conservé d’Europe et abrite les gisants des Plantagenêt.
Dormir dans une abbaye millénaire n’a rien d’une métaphore à Fontevraud. Au cœur du Val de Loire, l’ancien Prieuré Saint-Lazare a été transformé en hôtel quatre étoiles, où les chambres occupent d’anciennes cellules de moniales. Une expérience rare, à mi-chemin entre l’hôtellerie contemporaine et le silence d’un lieu fondé il y a plus de neuf siècles.
Une abbaye royale devenue hôtel
Le cadre est exceptionnel. Fondée en 1101, l’abbaye royale de Fontevraud constitue le plus vaste ensemble monastique conservé d’Europe, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre du Val de Loire. Elle abrite les gisants d’Aliénor d’Aquitaine, d’Henri II Plantagenêt et de Richard Cœur de Lion. C’est dans son Prieuré Saint-Lazare, ancienne léproserie du XIIe siècle, que l’hôtel a pris ses quartiers, à quelques pas des dortoirs et du cloître.
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54 chambres dans d’anciennes cellules
L’hébergement joue la carte du dépouillement assumé. Les 54 chambres et suites occupent les anciennes cellules monastiques, déclinées en duplex, en chambres sous mansarde ou installées dans l’ancien dortoir du couvent. Les volumes conservent la pierre d’origine, associée au métal et à un mobilier dessiné sur mesure par des artisans de la région. La palette chromatique a été volontairement réduite pour laisser parler la matière brute.
Une signature Jouin Manku
La rénovation, menée en 2014, porte la marque du duo Patrick Jouin et Sanjit Manku. Leur parti pris a consisté à travailler l’acoustique et la lumière autant que le mobilier, pour faire de chaque chambre un refuge intime propice au recueillement. Les fenêtres à isolation phonique renforcée prolongent cette recherche de silence, denrée rare que le lieu érige en argument d’hospitalité.

Une table dans l’ancien réfectoire
La restauration prolonge le dialogue entre patrimoine et création. Le restaurant s’est installé dans les volumes historiques du prieuré, sous une architecture contemporaine qui se glisse dans la pierre médiévale sans la masquer. La cuisine puise dans le terroir ligérien, entre produits de la vallée et vins d’Anjou-Saumur, dans un décor où la sobriété monastique se mue en élégance.

Le silence comme nouveau luxe
Fontevraud L’Ermitage s’inscrit dans un mouvement que l’hôtellerie haut de gamme explore avec insistance. Après les hôtels sans alcool et les refuges sans Wi-Fi, l’hébergement patrimonial mise sur une forme de retrait volontaire, où la valeur ne tient plus à l’accumulation de services mais à la qualité d’un lieu et d’un silence. Entre Tours et Angers, à moins de deux heures de Paris en train, l’adresse propose une déconnexion qui ne doit rien à la technologie et tout à neuf siècles d’histoire.





