- L’Hôtellerie des Laquets deviendra à l’été 2026 l’hôtel le plus haut de France, à 2 620 mètres d’altitude dans les Pyrénées.
- Le projet réhabilite un bâtiment patrimonial des années 1930, à l’abandon depuis trois décennies, sous la conduite de l’agence d’architecture toulousaine 360°.
- L’établissement comptera 16 chambres (32 hôtes au maximum), une table gastronomique confiée à deux chefs et un accès par téléphérique depuis le Pic du Midi.
- Un chantier de 11 millions d’euros, pour un séjour tout compris à partir de 569 euros pour deux personnes.
Pendant que l’hôtellerie de luxe rivalise de terrasses avec vue sur mer et de rooftops urbains, un projet situé à contre-courant s’apprête à redéfinir la notion d’altitude. À l’été 2026, l’Hôtellerie des Laquets ouvrira ses portes à 2 620 mètres, dans le massif du Pic du Midi de Bigorre. Elle deviendra alors, sans concurrente possible, l’adresse hôtelière la plus élevée de France.
Le futur hôtel le plus haut de France, à 2 620 mètres
Bâtir un hôtel à cette altitude relève de la prouesse technique. Exposé à des vents pouvant atteindre 200 km/h, le chantier a démarré en juin 2024, avant de s’interrompre durant l’hiver puis de reprendre au printemps suivant. Pour s’affranchir des contraintes saisonnières, les équipes ont relié le site au Pic du Midi par un téléphérique dédié, un équipement signé Poma, constructeur français, doté d’une cabine unique effectuant les allers-retours. Le choix d’une ligne sans multiplication de pylônes traduit une volonté constante de préserver le paysage.

Un bâtiment patrimonial des années 1930 réhabilité avec soin
Le projet ne part pas d’une page blanche. Il redonne vie à un édifice construit entre 1930 et 1933, laissé à l’abandon depuis une trentaine d’années. L’agence toulousaine 360° a conçu une réhabilitation qui marie l’ancien et le contemporain sous une même toiture courbée. La partie historique cultive un esprit pyrénéen chaleureux, tandis que l’aile nouvelle adopte des lignes nordiques épurées pour laisser toute sa place au panorama. Cette approche a valu au projet une médaille d’argent Bâtiment Durable Occitanie, distinction rare pour une construction menée à une telle altitude.
Le lieu renoue ainsi avec une histoire prestigieuse. Des années 1930 aux années 1990, l’Hôtellerie des Laquets a accueilli scientifiques, alpinistes, écrivains et journalistes, avant de sombrer dans l’oubli. Sa renaissance vise une ambition claire : devenir une expérience hôtelière unique en Europe.

Seize chambres et une table gastronomique à deux mains
Loin des grands ensembles, l’établissement fait le choix de l’intimité. Il ne proposera que 16 chambres doubles, pour 32 hôtes au maximum chaque nuit, chacune dotée de sa salle de bain privative et d’une vue dégagée sur les sommets. Une chambre a été spécialement aménagée pour les personnes à mobilité réduite, une avancée que le site du Pic du Midi ne parvenait pas à offrir jusqu’ici. Les espaces communs prolongent cette promesse d’exception : un salon doté d’une cheminée, un bar panoramique et des terrasses ouvertes sur l’immensité.
La restauration a été confiée à deux chefs complémentaires. Renaud Lamazère, aux commandes du restaurant Le 2877 déjà installé au Pic du Midi, s’associe à Stéphane Tournié, chef étoilé des Jardins de l’Opéra à Toulouse et originaire d’Argelès-Gazost. Leur ligne de conduite : une cuisine ancrée dans le terroir pyrénéen, servie dans un cadre que peu d’adresses au monde peuvent égaler.

Une nuit tout compris à partir de 569 euros
Le séjour se conçoit comme une expérience globale plutôt que comme une simple nuitée. Comptez à partir de 569 euros pour deux personnes, un tarif qui englobe la montée en téléphérique au Pic du Midi, la visite, la descente jusqu’aux Laquets, le dîner gastronomique, la nuit et le petit-déjeuner. À prix comparable à une nuit au sommet du Pic du Midi, la proposition mise sur une atmosphère plus feutrée et plus confidentielle. Les réservations ouvriront au début de l’année 2026 pour une inauguration l’été suivant. En hiver, l’adresse prévoit également d’accueillir des séminaires d’entreprise, dans un décor propice à la cohésion.
Un chantier à 11 millions d’euros ancré dans son territoire
L’investissement global atteint 11 millions d’euros, porté par un montage solide : 1,5 million d’euros de l’État, 800 000 euros de l’Europe, 650 000 euros de la Région Occitanie et 450 000 euros du Département, complétés par un emprunt bancaire et les bénéfices du Pic du Midi. Tous les corps de métier ont été confiés à des entreprises locales, de Gallego pour le gros œuvre à CTB pour la charpente, en passant par MAB pour les menuiseries.
Le pari économique s’appuie sur une demande manifeste. Le Pic du Midi a accueilli 78 000 visiteurs sur l’été, en hausse de 6 % sur un an, tandis que le restaurant Le 2877 enregistrait 9 000 couverts, soit 15 % de plus. Surtout, le taux d’occupation des chambres existantes au sommet frôle les 96 % : la clientèle est là, et l’offre demeure insuffisante. En allant là où presque personne n’ose s’aventurer, l’Hôtellerie des Laquets pourrait bien signer l’une des ouvertures les plus singulières de l’année 2026.





