- 🏢 Opération · Introduction en Bourse de Hotel Investment Partners (HIP) à Madrid, filiale de Blackstone
- 📅 Calendrier · Dépôt du dossier auprès du régulateur espagnol début octobre 2026 · cotation visée fin octobre ou début novembre
- 💰 Valorisation · 6 à 7 milliards d’euros · environ 700 millions d’euros de capital frais levés pour acquisitions et rénovations
- 🏖 Portefeuille · 61 hôtels, 20 000 chambres · 78 % en front de mer · 94 % en 4 ou 5 étoiles · Espagne, Baléares, Canaries, Italie, Grèce, Portugal
- 📈 Actionnaires · Blackstone 65 %, fonds souverain singapourien GIC 35 % · GIC était entré en 2023 sur une valeur d’un peu plus de 4 milliards
En 2023, le fonds souverain de Singapour valorisait Hotel Investment Partners un peu plus de 4 milliards d’euros en y entrant. Trois ans plus tard, Blackstone veut coter la même société entre 6 et 7 milliards, à la Bourse de Madrid, avant la fin de l’automne. Derrière le chiffre, une thèse que le marché va devoir trancher : l’hôtel de vacances méditerranéen, quatre ou cinq étoiles, les pieds dans l’eau, est-il devenu une classe d’actifs institutionnelle à part entière ?

| Société | Hotel Investment Partners (HIP), fondée en 2015, contrôlée par Blackstone depuis 2017 |
|---|---|
| Place | Bourse de Madrid · dépôt attendu auprès de la CNMV début octobre 2026 |
| Cotation visée | Fin octobre ou début novembre 2026, si le marché le permet |
| Valorisation cible | 6 à 7 milliards d’euros |
| Capital levé | Environ 700 millions d’euros, destinés aux acquisitions et aux rénovations |
| Portefeuille | 61 hôtels · 20 000 chambres · 78 % en front de mer · 94 % en 4 et 5 étoiles |
| Exploitants | Marriott, Hyatt, Hilton, Barceló, Meliá, sous contrats de location |
| Actionnariat | Blackstone 65 % · GIC 35 % (entré en 2023) |
| Repositionnement | Plus de 900 millions de dollars investis depuis 2017 pour monter les actifs en gamme |
| Banques | Santander, Morgan Stanley, Citi, BNP Paribas, Goldman Sachs |
Sommaire
Ce que Blackstone met en vente, et ce qu’il garde
HIP n’exploite pas ses hôtels : il en possède les murs et les loue à des marques, Marriott, Hyatt, Hilton, Barceló ou Meliá. Le portefeuille compte 61 établissements et 20 000 chambres, dont 78 % en front de mer et 94 % classés quatre ou cinq étoiles, répartis entre la côte espagnole, les Baléares, les Canaries, l’Italie, la Grèce et le Portugal. C’est le premier propriétaire de resorts de vacances du sud de l’Europe.
L’introduction prévoit de lever environ 700 millions d’euros de capital frais, fléchés vers de nouvelles acquisitions et la poursuite des rénovations. Blackstone, qui détient 65 % aux côtés de GIC à 35 %, resterait l’actionnaire de référence : il s’agit d’ouvrir le capital et de donner une liquidité, pas de sortir.
De 4 à 7 milliards en trois ans : d’où vient l’écart
La progression n’est pas qu’un effet de marché. Plus de 900 millions de dollars ont été investis depuis 2017 pour repositionner les hôtels vers le haut de gamme, avec les enseignes internationales qui vont avec. Un actif rénové, loué à Marriott ou Hyatt sur un emplacement de front de mer où l’on ne construit plus, se valorise sur des multiples que l’hôtellerie de loisirs ne connaissait pas il y a dix ans.
Le contexte espagnol pousse dans le même sens. Nous relevions cet été un premier semestre 2026 à 2,46 milliards d’euros d’investissement hôtelier en Espagne, et une montée en gamme continue sur des places comme Marbella. La rareté du foncier littoral est le vrai sous-jacent de cette valorisation.
Un modèle à contre-courant de l’hôtellerie « sans murs »
Depuis quinze ans, les grands groupes hôteliers vendent leurs immeubles pour ne garder que la marque et la gestion. HIP fait exactement l’inverse : il achète les murs et confie l’exploitation. Pour un investisseur en Bourse, c’est une exposition directe à l’immobilier de vacances, protégée de l’inflation par des loyers indexés et par la valeur du foncier, sans le risque opérationnel d’un exploitant.
C’est aussi ce qui rend la cotation lisible pour les grands institutionnels, qui comprennent une foncière mieux qu’un opérateur. Le syndicat bancaire réuni, Santander, Morgan Stanley, Citi, BNP Paribas et Goldman Sachs, dit l’ampleur visée : une des plus grosses opérations de la place madrilène de l’année.
Notre regard
Le calendrier est la seule vraie inconnue. Une fenêtre entre fin octobre et début novembre laisse peu de marge si les marchés se referment, et Blackstone l’a d’ailleurs formulé avec la prudence d’usage. Mais le message envoyé au secteur est déjà là : le resort méditerranéen haut de gamme se finance désormais comme un bureau de la Défense ou un centre commercial de premier rang, avec les mêmes banques et les mêmes investisseurs.
Pour les hôteliers indépendants de la côte, c’est une double nouvelle. Leurs murs valent plus qu’ils ne le pensaient. Et le concurrent d’en face, désormais coté, aura 700 millions à dépenser pour racheter ce qui se vend.




